Archives de avril 2011

More Mingus – 253 jours, 250 albums

Il est un grand artiste que j’ai encore de la difficulté à saisir, qui demeure mystérieux à mes yeux. C’est Charlie Mingus. Certes, il y a des artistes aux oeuvres plus éparpillées, ou d’autres qui utilisent des structures plus complexes et qui ont des approches plus audacieuses, mais, peut-être à cause de la manière par laquelle ils s’y prêtent, le tout demeure cohérent et compréhensible dans son ensemble. Mais pour Mingus, même s’il demeure cohérent, ça semble plus difficile de dire pourquoi. On sent bien l’âme de l’artiste, son style propre. Mais on ne semble pas pouvoir la saisir. Sur ce, voici ma critique de « The Black Saint and the Sinner Lady » de Charlie Mingus.

Il s’agit d’une oeuvre définitivement épatante. S’il y a un album de l’artiste que vous devez écouter, ce serai définitivement lui. En fait, c’est même un album que toute personne devrait écouter au moins une fois dans sa vie. Mingus nous entraîne dans un univers un peu sinistre et étrange, qui semble être aux frontières de la psyché humaine. On dirait même qu’il explore son âme et nous l’expose, avec tous ses revers et, surtout, tous ses tourments. « Track A – Solo Dancer » en est l’exemple le plus frappant. De plus, l’effet est accentué par la structure à plusieurs niveaux des morceaux, les 11 membres du groupe jouant deux, parfois même trois, mélodies qui se superposent entre elles. Cela crée comme un mélange d’émotions, ou plutôt, Mingus y tisse une même émotion avec des évolutions différentes, et des contractions. Bref, le tourment qui habite la tête de Mingus et le côté versatile des pensées y est brillamment exposé.

De plus, je dois à cet album quelque chose d’autre; j’ai enfin compris pourquoi quelqu’un voudrait bien décider de jouer du tuba ou du trombone. Leur apport à l’ambiance y est indispensable.

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The Soothsayer – 254 jours, 251 albums

Ce fut une semaine assez longue et chargée, surtout avec le temps gris si routinier du printemps. Je n’ai donc pu écouter qu’un seul album. Et pour me redonner le sourire, rien ne vaut un bon album de jazz bien réalisé. Ainsi, mon instinct fut bon en choisissant « The Soothsayer » de Wayne Shorter.

J’admire de plus en plus cet artiste. J’aime son style. Ses albums sont toujours animés d’une belle énergie, et ses morceaux sont toujours incroyablement texturés. Prenez « Angola » par exemple, dont le dynamisme et la rapidité d’exécution ne ternit en rien tout le relief très développé de la composition. Et que dire de « The Soothsayer », le morceau éponyme ? Dès le départ, c’en est saisissant. Tout coule sans difficulté, aisément et avec élégance, même si sa structure semble complexe, et même si la virtuosité que demande son exécution pourrait rebuter plusieurs autres artistes. En fait, c’est un peu comme lire du Victor Hugo. Le tout se lit facilement et semble, somme toute, assez simple, même si le résultat en est riche d’éloquence, d’images et d’impressions. Mais à y regarder de plus près, on se rend compte que chaque mot a son poids et a été choisi avec soins, que chaque tournure est bien étudiée et sert une fin. Et tout ce détail, ce travail n’est ensuite qu’enrobé dans un emballage tout poli et tout rond. C’est ça Wayne Shorter : la texture complexe et colorée de Thelonious Monk, mais l’accessibilité et le fini de Miles Davis dans « Kind of Blue ».

Aussi, une fois l’album terminé, on comprend pourquoi c’est McCoy Tyner qui est assis derrière le piano. Ça ne peut être que lui. Aucun autre pianiste ne pourrait aider Shorter avec autant d’aisance dans la création de cette atmosphère. Il y est clairement dans son élément, et dans son style. Et naturellement, Freddie Hubbard les accompagne avec brio.

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Indéniables classiques – 257 jours, 252 albums

Hier, je passais à travers les quelques CDs qui traînent dans ma voiture pour trouver quelque chose de moins redondant à écouter. Je suis donc tombé sur mon album double de « Bitches Brew ». Alors, pourquoi ne pas réécouter quelques morceaux, histoire de revivre un peu cette expérience si complexe et si envoûtante la première fois ? Et à me replonger dans « Pharaoh’s Dance », ce sentiment profond de transe m’a envahi de nouveau, pour mon plus grand plaisir. Mais une fois revenu chez moi, j’avais encore le goût d’une petite dose ensorcelante d’électricité. J’ai donc écouté « Mysterious Traveller », un autre album de Weather Report.

Et il s’agit sincèrement de leur meilleur que j’ai écouté jusqu’à maintenant. Il conserve le côté hétéroclite et psychédélique caractéristique du groupe, mais tout en l’unifiant de manière surprenante. Le résultat semble plus mature, plus accompli. Ainsi, l’atmosphère n’en est que plus complète, plus enveloppante. « Nubian Sundance » est, selon moi, un incontournable du genre. J’irais même jusqu’à dire qu’il s’agit d’un classique du même calibre que les morceaux composants l’album « Head Hunters » ou que « Birdland ». Sinon, prêtez une oreille plus attentive à « Cucumber Slumber ». Pour le reste, il s’agit d’une expérience des plus complètes et satisfaisantes pour l’amateur de fusion que je suis devenu. L’album serait assurément dans un Top 5 du genre.

Ensuite, j’ai eu envi d’un bon classique qu’il manquait encore à ma collection et qui m’intriguait beaucoup : « Time Out » de Dave Brubeck.

Et il s’agit en effet d’un album bien surprenant. Car, chose rare, il est à la fois innovateur et accessible. Encore aujourd’hui, il s’agit d’un des albums de jazz qui furent les plus populaires ! Par ailleurs, vous reconnaîtrez peut-être l’un de ses morceaux, soit « Take Five », qui fut, à l’époque, un véritable hit. Sinon, un autre grand moment de l’album est « Blue Rondo A La Turk », avec ses moments de piano frénétiques et d’ambiance rappelant le Proche-Orient. Mais ce qu’il y a de plus surprenant avec cet album, et ce qui le rend innovateur, c’est son exploration des signatures rythmiques. En lisant d’abord des critiques sur l’album, je me disais que je ne serais pas assez connaisseur en théorie musicale pour remarquer cette audace, et même cette profanation que semblait être, toujours à l’époque, l’utilisation de nouveaux rythmes étrangers au jazz. Et pourtant, cela y est flagrant. Cela vous frappe même littéralement en plein visage. Par exemple, dans « Kathy’s Waltz », Brubeck passe sans cesse d’un rythme purement jazzy à des temps de valse, le tout avec la plus grande aisance et, surtout, le plus grand raffinement. Et cela est vrai pour chacun des morceaux. Même que dans « Strange Meadow Lark », certains longs passages au piano ne sonnent nullement jazzy. La structure et la progression rappellent plutôt l’impressionisme français du début du siècle. Puis, un peu plus loin, on change le rythme, et alors le tout prend une teinte profondément jazz, sans ambiguïté.

Pour ce qui est du résultat final, il s’en dégage une incroyable finesse, et un raffinement difficile à égaler. Et malgré les signatures rythmiques parfois surprenantes pour un album de jazz, le tout reste parfaitement accessible, pour quiconque, que l’on soit amateur de jazz ou non. Mais si vous l’êtes, l’écoute de cet album en sera profondément intéressante et prenante. Faites-moi confiance, cela pourrait bien devenir votre album préféré.

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Un peu plus de hard bop – 260 jours, 254 albums

Ces derniers jours, je me cherchais des albums plus doux et plus calme. Pourtant, mon choix s’est arrêté une fois de plus sur le hard bop. J’ai donc décidé d’écouter un deuxième album de deux sommités dans le domaine, mais dont j’avais jusqu’alors limité l’exploration à un seul album. Le premier d’entre eux, Sonny Rollins, m’avait par ailleurs assez déçu avec « Way Out West ». Mais comme il s’agissait du meilleur saxophoniste, avant l’arrivée de Coltrane, je me suis dit qu’il méritait une seconde chance. C’est donc avec un peu d’appréhension que j’ai écouté « Saxophone Colossus ».

Pourtant, je fus très agréablement surpris par cet album. Sonny Rollins s’y rattrape entièrement à mes yeux. L’énergie y est bonne, l’émotion passe mieux, les autres musiciens sont plus présents aussi. J’ai également été très touché par « You Don’t Know What Love Is », où Rollins réussit à créer une atmosphère lyrique avec beaucoup de talent. Et il y a aussi la longue « Blue 7 », avec sa structure travaillée et son exploration des différents instruments (piano, saxophone, batterie…) qui rendent son écoute très satisfaisante. Bref, si vous souhaitez découvrir cet artiste, débuter avec cet album, pas avec « Way Out West ».

Ensuite, histoire de remuer un peu mes méninges et de mettre à l’épreuve ma cervelle, je suis allé vers un second album du très exigeant, mais ô combien talentueux et enrichissant Thelonious Monk; « Brilliant Corners ».

Sa structure et ses progressions m’impressionnent à chaque fois. Au premier abord, le son semble discordant et les notes mal couplées, mais rapidement il s’en dégage un son davantage surprenant et étonnement riche et complexe. On ne peut écouter cet artiste d’une oreille distraite. On ne peut que l’écouter pleinement. Nos neurones y sont sollicitées constamment, notre esprit devant demeurer aux aguets pour comprendre et apprécier l’évolution inattendue et audacieuse de ses mélodies. Ce qui surprend également, c’est l’aisance des autres artistes à suivre Monk. Avec de telles constructions, on aurait pu s’attendre à des accompagnateurs plus rigides et moins à leur aise. Mais pourtant, les autres instruments suivent la cadence et s’expriment pleinement sans aucune difficulté. Écoutez le déroutant « Bemsha Swing », mais dans lequel on se laisse facilement porter, et vous me direz ce que vous en pensez. Je l’appréciais déjà dans « It’s a Jungle in Here », où il était repris par MMW, mais ici, wow ! Le morceau, habité d’une énergie nouvelle, se transforme en chef d’oeuvre. Sinon, écoutez le délicieux « Pannonica », où Monk nous crée une atmosphère rêveuse, fantaisiste et enfantine, avec un brin de nostalgie, alors qu’il s’assoit derrière un célesta pour notre plus grand plaisir. Il s’agit vraiment d’un incontournable de l’album.

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Avance – 264 jours, 256 albums

Je suis content de constater que j’ai pris environ une semaine d’avance sur mes albums à écouter, et que celle-ci se maintienne assez bien. Même si je suis moins assidu en ce qui à trait à la publication de mes articles, je peux quand même me consoler en me disant que je n’ai pas de retard dans le principal du défi. Bref, en ce début de semaine, j’ai pu savourer 2 autres albums, en débutant par « Miles Ahead » de Miles Davis.

Réalisé avec la précieuse aide de Gil Evans, il s’agit d’un autre petit bijou du cool jazz. Enregistré alors que les big bands n’avaient plus la côte, il surprend par son côté orchestral et développé. Attention, je n’ai pas utilisé le mot complexe, car il ne s’agit pas de hard bop. Par contre, la variété des instruments développe un autre genre de complexité, bien différent de celui que pourrait avoir la structure. Il en résulte un album relativement simple, très accessible, mais également très riche et très texturé. Son seul défaut ? Comme « Birth of the Cool », il est plutôt court. Mais je tiens à préciser que j’ai préféré « Miles Ahead », à choisir entre les deux. Les arrangements et le jeu des instruments m’ont semblé un tantinet plus matures.

Et pour un lundi soir, j’ai cru bon de me plonger de nouveau dans l’univers de Cal Tjader, avec « Latin Concert ».

Avec le vibraphone de Tjader, on tombe tout de suite dans un autre monde. Surtout avec ces airs et ces rythmes latins ! Mais somme toute, il s’agissait d’un album plutôt ordinaire, qui s’écoute plutôt distraitement. Il semblait manquer le génie de « Monterey Concerts », qui m’avait davantage accroché et même séduit. Celui-ci, il se place bien comme musique de fond, au matin ou lors d’une petite soirée. Mais sachez qu’il conserve néanmoins la touche personnelle et charmante de Tjader. C’est simplement que vous n’en serez pas captivé non plus. Voilà.

Et enfin, aujourd’hui, j’ai écouté un autre album des Squirrel Nut Zippers, soit « The Inevitable ».

Encore une fois, un album plutôt ordinaire (surtout après avoir écouté « Perennial Favorites »). Toutefois, il y a quelque chose de magique, de chaleureux et de réconfortant à commencer sa journée avec un tel album. Cela réveille à merveille, et donne une bonne dose d’énergie et de bonne humeur. C’est immanquable. Ainsi, je ne le vous conseillerais que pour l’ambiance et le style. Mais si vous devez vous mettre au groupe, commencez plutôt par celui cité plus haut. Vous aurez alors un son plus mature et accompli.

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Du calme et de la détente – 266 jours, 259 albums

Pour ce weed-end, j’avais le goût d’un jazz plus calme et reposant (surtout après Braxton !). J’en ai donc profité pour m’initier comme il se doit à la bossa nova, avec l’album « Getz/Gilberto » de Stan Getz et Joao Gilberto, comme son nom l’indique, mais on y retrouve également la participation d’Antonio Carlos Jobim et d’Astrud Gilberto.

Avec de tels noms, il est difficile de se tromper. Trois d’entre eux sont littéralement les pères et inventeurs du style. Et l’autre, Astrud Gilberto, est la femme de l’un d’eux (Je vous laisse deviner lequel…) et fait office de chanteuse. Sinon, l’album en lui-même est un classique, étant l’un des albums de jazz les plus vendus au monde ! Pour preuve, vous reconnaîtrez à coup sûr le morceau d’entrée, qui est également l’image même que l’on se fait du style, soit « The Girl From Ipanema ». Le reste des morceaux est tout aussi doux, calme et relaxant. Par contre, attention, car on décroche rapidement, pour se plonger dans un état de grand calme et de sérénité.

Et ce matin, j’ai découvert le grand pianiste Bill Evans avec son album « Sunday at the Village Vanguard ».

Je vous avait déjà dit que, pour moi, le jazz idéal ne se compose que d’un piano et d’une contre-basse ? Eh bien, ajoutez à cela une batterie, et vous aurez le Bill Evans Trio. Cet album est un véritable délice, et les 3 musiciens jouent en osmose parfaite. Ils ne se répondent même pas. Ils jouent ensemble, tout simplement. Et souvent, pour le plus grand bonheur d’un auditeur amateur de contre-basse, cette dernière prend les devants pour un moment, alors que le piano se retire doucement au second plan. Et parmi toutes les pistes, ma préférée est définitivement « Alice in Wonderland », où Evans reprend avec brio et une touche jazzy l’air thème du film de Walt Disney; ce classique indémodable qui a bercé mon enfance.

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Smooth jazz et free jazz – 267 jours, 261 albums

Je m’excuse de ne pas avoir pu mettre à jour mon blog plus souvent ces derniers temps. Concernant cette semaine, cela s’explique par un manque flagrant de temps libres, dû entre autres aux 2 débats des chefs et à l’élaboration et à la rédaction de mon Top 10. Toutefois, cela ne m’a pas empêché d’écouter 4 autres albums de jazz, et de découvrir 2 nouveaux styles de jazz, soit le smooth jazz et le free jazz. Premièrement, « Smooth Jazz Café Vol. 1 », réalisé par divers artistes.

En fait, le smooth jazz, c’est plutôt simple. Il s’agit, en gros, de jazz sans substance. Mais dire qu’il s’agit de jazz d’ambiance serait peut-être plus gentil. Sinon, un de mes amis a utilisé l’expression « musique d’ascenseur ». Bref, il s’agit de jazz dont les coins ont été doucement polis, qui s’écoute sans effort ni difficulté, et qui sert surtout comme musique de fond. C’est du jazz accessible, simple, que vous retrouverez dans les salles d’attente. C’est le genre de musique que tout le monde apprécie, parce qu’il a une touche jazzy, mais que les amateurs de jazz en tant que tel trouveront endormant. Mais malgré cela, je suis content d’avoir découvert ce style, qui s’écouterait sûrement très bien au bureau, en étudiant ou lors d’une soirée romantique. Disons simplement qu’il n’y a pas grand chose à en dire…

J’ai poursuivi la semaine avec « Light Years » du Chick Corea’s Elektric Band.

Un album plutôt décevant qui sonne comme son temps : la fin des années 80. Des sonorités et une structure plutôt simples, sur un fond électrique de synthétiseur, avec un beat répétitif qui prend trop de place. Il pourrait être délicat et touchant, mais non… Il pourrait être audacieux et électrisant, mais non… Pour une fois, Corea m’a déçu.

Et un soir, alors que je dormais presque debout, j’ai décidé de terminer la journée avec « Smokin’ at the Half Note » avec Wes Montgomery et le Wynton Kelly Trio.

Celui-là, enfin !, avait un peu plus de substance. Wes Montgomery nous y transporte, avec ses notes de guitare toujours justes et éclatantes. Et le Wynton Kelly Trio l’accompagne avec talent. L’album n’a rien d’exceptionnel, mais il est bien rythmé, bien réalisé, et s’écoute parfaitement un soir de semaine, pour relaxer et décompresser un peu. C’est du hard bop comme je l’aime, mais pas trop cérébral non plus. Et avec la touche Montgomery, un petit sourire se dessine aux coins des lèvres…

Et finalement, histoire de terminer la semaine en beauté, j’ai décidé de m’initier au free jazz, avec « For Alto » de Anthony Braxton. Quelle affreuse erreur ce fut.

Je n’aurais jamais cru que l’on pouvait faire autant de sons horribles avec pour seul outil un saxophone. Tout l’album n’est composé que de solos de saxophone, ou plutôt d’expérimentations avec un saxophone. Mais ne vous emportez pas comme je l’ai fait : cela n’a rien d’excitant. En fait, l’album fut même une véritable torture, mettant à l’épreuve ma patience, déjà un peu éméchée par un vendredi soir. Tout y a passé : des éternuements d’éléphant aux sons suraiguës, en passant par du métal criard, comme si on mettait à l’épreuve la coque d’un vieux rafiot rouillé. Vous savez, ce son de métal qui travaille et qui craque ? Tout cela par coup, par pitches abruptes, histoire, j’imagine, de garder l’auditeur alerte. Sur plus d’une heure ! La seule accalmie digne de mention est le morceau « To Artist Murray de Pillars », où Braxton s’amuse à faire osciller des notes sur son saxophone. Sérieusement, il s’agit d’une belle étude. Mais bien la seule, à mon avis. Pour le reste, cela dépasse pour le moment mon niveau et mes capacités. J’irais même jusqu’à dire que le reste n’est même pas de la musique. Cela semble n’être que du bruit désagréable et dissonant. Bref, je ne semble pas avoir compris l’artiste.

Mais ne vous en faites pas, j’essayerai de vous revenir avec de meilleurs albums. Et je tâcherai également de découvrir le free jazz autrement, de manière plus sûre. J’imagine qu’avec Coltrane, on peut difficilement se tromper…

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Top 10 des meilleurs morceaux – 269 jours, 263 albums

Le voilà enfin, en l’honneur de mes (plus de) 100 albums écoutés : mon Top 10 des meilleurs morceaux de jazz écoutés jusqu’à maintenant. Je tiens de prime abord à vous dire que le choix ne fut pas facile. Pour vous donner une idée, après une sélection préliminaire, j’en étais à près d’une quarantaine de morceaux… Ne vous surprenez donc pas si quelques bons morceaux y sont absents. J’ai tâché de ne conserver que les meilleurs. Débutons donc, en commençant le décompte par la fin, histoire de faire monter le suspense…

10e position : Where’s Sly?, de Medeski, Martin & Wood

Malheureusement, je n’ai pas trouvé de lien pour vous permettre d’écouter ce morceau. Il s’agit d’un des premiers morceaux de jazz que j’ai réellement apprécié. Il débute calmement, tout en douceur et langueur, avec une belle touche de mystère. Puis, la contre-basse s’active pour donner le rythme, et les cuivres la suivent en cadence. On sent une énergie et un mouvement raffiné s’en dégager. Mais peu de temps après, le rythme retombe, et on continue de développer cette langueur. Puis on reprend, cette fois avec le piano ! Cela devient alors presqu’une pleine, mais toujours en raffinement. Les musiciens demeurent toujours en contrôle, semblant même retenir leur émotion. Enfin, la cadence retombe de nouveau, pour terminer calmement.

9e position : I Don’t Want To Set The World On, de The Ink Spots

http://www.youtube.com/watch?v=pSK-1guFLDk

Tous les morceaux de ce remarquable groupe des années 30 et 40 sont bâtis sur le même modèle. On débute avec quelques notes sur une guitare; puis on entame les paroles de la chanson, qui seront répétées quelques fois; ensuite un chanteur les reprend plus lentement, calmement, et sans les chanter, donnant ainsi une intensité incroyable au refrain; enfin, on reprend le même thème pour terminer le morceau. Mais parmi toutes ces pièces somme toute assez semblables, celle-ci se démarque particulièrement. Elle semble mieux réalisée, plus sentie. Et les paroles sont extrêmement touchantes. Mais bon, je suis un éternel romantique… Aussi, il s’agit d’un indémodable classique.

8e position : Zombie, de Fela Kuti

http://www.youtube.com/watch?v=iBgewcFh-cg

Un autre morceau que je connais depuis un bon bout de temps. Il est rythmé, dansant, dynamique, voire endiablé ! Avec un long début instrumental d’environ 5 minutes, on ne peut que se laisser porter par le saxophone qui s’amuse sur un fond bourré de percussions. Puis on laisse la place à Fela, qui entonne un chant critique envers les militaires de son pays, qu’il qualifie de « zombies ». Malheureusement, mon oreille n’est assez bonne que pour en déceler quelques paroles. Mais on raconte que suite à la performance de ce morceau, les gens scandaient le mot « Zombie ! » dans la rue, et interpellaient par ce nom les soldats qu’ils croisaient. Par contre, vous vous en doutez, cela vint aux oreilles des autorités, et Fela en fut « brutalement » réprimandé. Mais si vous connaissez le personnage, vous savez que ce genre de chose ne l’arrête pas; bien au contraire ! Je salue ici son courage, et lui rends cet humble hommage.

7e position : Autumn Leaves, de Cannonball Adderley

http://www.youtube.com/watch?v=u37RF5xKNq8&feature=fvst

J’ai beaucoup hésité, face au grand nombre d’excellents morceaux de hard bop qui s’offrait à moi. Mais celui-ci était un incontournable, un classique ! Smooth, raffiné, avec une touche de soul, il représente la quintessence du style. Le départ au piano, avec la basse qui donne le rythme et la discrète batterie de Art Blakey. Puis entrent doucement le saxophone de Adderley et la trompette de Davis. Puis, c’est cette dernière qui prend rapidement la vedette et dirige la mélodie. Ensuite, le saxophone prend la relève, avant que la trompette ne revienne de nouveau, toujours aussi majestueuse. Puis elle s’efface de nouveau, et cette fois, c’est le piano qui s’avance pendant un petit moment, recul, puis s’avance de nouveau dans un solo des plus délicats. Enfin, le morceau se ferme doucement avec un dernier souffle de la part de Davis.

6e position : Chilcock, de Stanton Moore

Étonnamment, pour celui-là non plus je n’ai pas été en mesure de vous trouver un lien où l’écouter. Avec l’orgue électrique et la batterie, le morceau est incroyablement funky. Il martèle un rythme puissant où s’exprime en cadence le saxophone et le trombone. Puis, à quelques moments, le rythme semble s’affaiblir, et alors les cuivres s’emballent et se laissent aller librement, libérant d’un coup toute la « groove » qu’ils contiennent, avant de se faire rappeler à l’ordre de nouveau par le jeu de la batterie qui se revigore. Alors, la tension monte encore, avant d’être libérée de nouveau par l’inattention de la batterie.

5e position : Adam’s Apple, de Wayne Shorter

http://www.youtube.com/watch?v=1EVg0i30j8M

Il s’agit du second et seul autre morceau de hard bop que j’ai retenu. Mais, n’en soyez pas surpris, car j’aurais pu faire un Top 10 uniquement avec ce style. Cependant, où aurait été la diversité ? et la découverte ? Toutefois, ce morceau en demeure une. J’aime simplement son rythme, plus animé que celui de « Autumn Leaves », et la mélodie de piano sur laquelle s’amuse Shorter avec son saxophone. Les tons changent doucement, presque sans que l’on s’en rende compte. Ce morceau a une délicatesse remarquable, compte tenu de l’énergie qui s’y exprime. Tout semble contenu et maîtrisé. Tout semble être dans l’ordre. Et pourtant, dans cette structure, Shorter n’a aucune difficulté à s’exprimer, à faire passer l’émotion. Bien au contraire !

4e position : Birdland, de The Manhattan Transfer

http://www.youtube.com/watch?v=6QOQr0gzS48

Ce fut ma porte d’entrée vers le jazz fusion, et pour cela seul, je lui dois tous les honneurs. Mais attention ! Ce n’est pas un morceau facile, malgré la popularité et l’accessibilité du groupe. C’est un morceau à l’image du jazz et du monde. Il s’apprivoise lentement. On le craint d’abord, mais on apprend vite à le connaître. Puis, on commence à peine à l’apprécier qu’on l’aime déjà ! Enfin, on tombe dans la passion, et dans l’extase ! Il représente toutes ces choses merveilleuses, contenues dans ce monde, qu’on n’ose pas approcher; par crainte de se tromper, par peur de l’étranger. Mais on ne soupçonne même pas tout le potentiel de ces choses. Si on prenait le risque, ce simple risque, on découvrirait alors tout un autre monde, rempli d’autres merveilles à découvrir, à apprivoiser, et à aimer. Il y a trop de choses que je n’aimais pas d’abord et qui me passionnent maintenant, pour que je puisse encore me dire que je n’aime pas quelque chose. Il n’y a que des choses que je n’aime pas encore. Faites l’exercice ! Vous avez aimé votre première coupe de vin ? ou votre première gorgée de bière ? Et maintenant ? Et si vous avez déjà mangé des sushis plus de 3 fois, vous savez également ce que je veux dire. Le monde est comme ça, les gens aussi, et que dire de la vie elle-même ! Et surtout, on ne peut jamais aimer trop de choses…

Mais pour revenir au morceau, il est simplement électrisant, enveloppant et prenant. Les sonorités sont surprenantes, les paroles sont audacieuses, et l’ambiance générale relève tout simplement du génie. L’évolution, la structure, tout est wow. Voilà !

3e position : Love Me Like a River Does, de Melody Gardot

http://www.youtube.com/watch?v=fdKrUiUcEqw

Cette artiste m’a accroché dès la première fois où elle a traversé mes oreilles. Mais c’est plus particulièrement dans ce morceau qu’elle est arrivée à toucher mon âme. Il m’a tout simplement fait frémir; par son intensité, son émotion et sa simplicité. La chanteuse y exprime une tendresse immense, à travers ses paroles profondes et touchantes. Le tout simple pourtant humble et vulnérable, par la simplicité des instruments qui accompagnent le doux chant de Melody; mais aussi puissant et féroce à la fois, dû à l’émotion. Il s’agit, à mon avis, d’un bijou d’une rare beauté.

2e position : Rhapsody in Blue, de George Gershwin

http://www.youtube.com/watch?v=LYk_dU4IWVg&feature=related

Je vous donne la version de Fantasia 2000, par Walt Disney. Celle que je possède sur disque est par contre un peu plus longue et développée. Mais soyez sans crainte, le résultat demeure le même : une oeuvre magistrale ! Celle-ci y est éclatante et délicate, mais toute aussi puissante et affirmée. Elle joint à merveille le côté magnifique et grandiose de la musique classique et de l’orchestration, au côté urbain, contemporain et dynamique du jazz. Je crois sincèrement que c’est dans cet amalgame que le jazz y est le plus majestueux. Mais la valeur de cette oeuvre dépasse le cadre des styles. Il s’agit simplement d’un chef d’oeuvre universel.

1ère position : Train, de Chris Potter

1ère partie : http://www.youtube.com/watch?v=VSdssnChS7E

2e partie : http://www.youtube.com/watch?v=3cLZSw7CZsw&feature=fvwrel

Je ne sais trop comment l’exprimer, mais ce morceau est simplement mon préféré. Ce n’est pas forcément LE meilleur, mais il est certainement dans les premiers. Il est saisissant et prenant. Le saxophone y est merveilleux, audacieux et talentueux. La trame y est développée en profondeur, et la structure est équilibrée et impeccable. Mais je vous avouerai que je n’ai pas vraiment analysé ce morceau. Je me contente de le savourer…

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Redécouverte, électro-swing et approfondissement – 273 jours, 265 albums

Me voilà déjà à 100 albums d’écoutés ! Et pourtant, j’ai encore l’impression ne n’avoir qu’égratigné la surface de ce vaste monde musical qu’est le jazz. Il est certain que j’ai déjà pu approfondir certains aspects ou sous-genres davantage que d’autres. Mais d’autres demeurent encore inexplorés, ou à peine effleurés. Je pense, entre autres, au free jazz, au smooth jazz, au vocal jazz, etc. Et d’un autre côté, plus j’explore un sous-genre, plus je réalise l’immensité de son étendue. Par exemple, le hard bop semble avoir un nombre pratiquement infini d’artistes et d’interprètes; et le jazz fusion peut toucher à tellement de styles, de domaines et d’effets différents, et ces associations peuvent, elles aussi, être interprétées et amenées d’un nombre de manières tellement important, que l’exploration du jazz en devient une aventure, voire une épopée !

Et je crois que les 4 derniers albums que j’ai écoutés peuvent donner un bon exemple de cette impression. À commencer par « Birds of Fire » du Mahavishnu Orchestra.

Il s’agit du second album du groupe jazz-rock aux fortes influences métal, qui m’avait laissé perplexe lors de leur premier album, par leur approche infernale, énergique, électrique et, surtout, métallique du jazz fusion et du jazz rock. Ou peut-être leur approche, leur progression et leur exploration jazzy du hard rock… Mais malgré plusieurs morceaux plutôt ordinaires sur « The Inner Mounting Flame » et un léger manque de structure et (j’allais dire d’audace, mais ce serait mentir) de génie, 1 ou 2 morceaux m’ont particulièrement accrochés, entre autres « The Noonward Race », que j’écoutais en boucle avec délice. Et comme l’approche générale m’intriguais, j’ai décidé de donner au groupe une seconde chance.

Et là, il s’agit clairement d’un excellent album. La même approche, mais réalisée avec plus de maturité, de contrôle et d’habileté; des mélodies plus structurées et plus poignantes; une énergie mieux canalisée : voilà comment je décrirais « Birds of Fire ». Et là, il y avait réellement du génie, et une audace bien réalisée. Si vous êtes comme moi, et que vous aimez tout ce que la musique peut vous apporter comme sensations et émotions, je vous le conseille franchement. Ce fut, pour moi, comme découvrir Nine Inch Nails ou System of a Down. On y découvre, avoir surprise, l’étonnante complexité et profondeur qu’on peut créer avec des styles aussi puissants et des instruments aussi « bruts ». Et par là, l’effet semble en être décuplé, par son énergie et ses sonorités franches. Il ne devient pas vulgaire. Il devient, plutôt, grandiose !

Ensuite, pour poursuivre mon exploration de l’électro-swing et du swing revival, j’ai écouté deux albums qui m’ont été fortement recommandés par mon ami Pascal. Tout d’abord, ce fut « Perennial Favorites » des Squirrel Nut Zippers.

Encore une fois, il s’agissait du second album que j’écoutais du groupe. Et encore une fois, il fut bien meilleur. L’énergie y était mieux transmise, et l’album y était plus « doux » et plus accessible. Le son semblait également plus mature et plus accompli. Il y avait plusieurs morceaux de pur swing, et quelques balades, dont une avec une guitare électrique au style country, distribuées au fil de l’album, pour bien balancer l’énergie et l’atmosphère. « My Drag », d’ailleurs, est très langoureuse, avec certains passages qui rappellent un tango. Et « Ghost of Stephen Foster » joue de mystère, en créant une atmosphère où on frisonne à voir des spectres et des squelettes dansés sous des rythmes endiablés.

Le second que m’avait conseillé mon ami est « Swing Party » de Bart & Baker. Comme il s’agit d’une compilation comportant 2 CDs de plus d’une heure chacun, j’ai décidé de le compter comme 2 albums. Naturellement, j’ai commencé par n’écouter que le premier album.

Comme je le disais plus haut, la diversité des sous-genres du jazz ne cessera pas de m’étonner de si tôt ! Dans cet album, réalisé par 2 DJs français, on prend de vieux morceaux de swing et on les remix, avec un petit style électro/club. Cela m’a vraiment fait penser au nu-jazz et aux compilations de Saint-Germain-des-Prés Café, mais avec une touche plus swing et plus dansante. Donc, si vous cherchez, pour vos soirées, de la musique de fond raffinée, jazzy, facile d’accès ET énergique, cette compilation est parfaite pour vous. Aussi, l’album est très diversifié dans ses interprétations. Parfois, les morceaux adoptent un rythme puissant et près du « boom-boom » typique des clubs, alors qu’à d’autres endroits, les morceaux semblent à peine retouchés, mélangeant ainsi avec brio rétro et modernité. Les moments chauds de l’album sont « It Don’t Mean a Thing » qui, selon moi, pourrait valoir l’album à lui seul, et le touchant « Quand Tu Danses » de Gilbert Bécaud.

Enfin, pour mon centième album, j’ai écouté un album du plus grand raffinement : « Live in San Francisco » de Cannonball Adderley.

Il s’agit d’un des albums que j’ai le plus apprécié jusqu’à maintenant. Peut-être même davantage, quoique de peu, que « Somethin’ Else ». Chaque morceau y est un délice. Et de mettre l’emphase sur la soul dans du hard bop comme cela, l’album en devient encore plus touchant. Chaque morceau est long d’une dizaine de minutes, et cela laisse amplement le temps aux musiciens de faire valoir chaque détail, chaque note, comme chaque montée et descente. Tout l’album est sublime, mais vous devriez peut-être vous attarder un peu plus sur « This Here », de Bobby Timmons, qui ouvre l’album avec classe et génie.

Voilà donc pour mes 100 premiers albums. Je vous promets sous peu un top 10 des meilleurs morceaux de jazz pour marquer le coup, et partager avec vous mes meilleures découvertes. Car, à écouter toute cette musique seul, cela en devient un peu vain. C’est en la partageant que l’on passe de la satisfaction à l’extase.

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[Sans titre] – 277 jours, 269 albums

Hier, pour me donner un peu de rythme, j’ai écouté « Caravan Palace » du groupe du même nom.

Avec ses origines françaises, ce groupe se dit influencer par Django Reinhardt, Daft Punk et Justice. Si vous les connaissez (et je n’en doute pas), vous comprendrez mon excitation ! Par contre, je n’y ai pas vu le cachet de Daft Punk et de Justice, bien que l’électro y ait une bonne présence. Mais j’y ai clairement senti le cachet de Django. Et de réinterpréter la guitare acoustique et le style gypsy de cet artiste en y ajoutant de l’électro n’est qu’un délice. Je pense à « Brotherswing » ou à « Jolie Coquine », qui ont un « groove » tellement particulier qu’elles en deviennent des pièces uniques. Elles ont le charme et l’âme du gypsy, mais à la fois le rythme et le côté électrisant de l’électro. Il est difficile de faire un meilleur agencement ! Quoique peut-être… Entre autres, en y ajoutant le cachet des deux autres groupes. Mais entre temps, je vous conseille également « L’envol », qui mêle ce gypsy et cette guitare acoustique à une atmosphère un brin éthérée et mystérieuse. Et j’oubliais les doux violons ! Il s’agit, selon moi, du fleuron de l’album.

Mais je ne m’en suis pas arrêté là. J’ai décidé d’écouter encore un peu de hard bop avec « Search for the New Land » de Lee Morgan.

Cependant, malgré un ensemble prometteur composé de Shorter, Hancock, Green et, naturellement, Morgan, j’ai simplement écouté cet album d’une oreille distraite. Peut-être cette dernière était-elle fatiguée, mais je n’ai rien remarqué de particulier à son écoute. Le morceau éponyme est certes une belle performance, mais j’imagine que le reste demanderait une seconde écoute, plus attentive, pour en mieux déceler les nuances et raffinements.

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