Archives de 10 avril 2011

Redécouverte, électro-swing et approfondissement – 273 jours, 265 albums

Me voilà déjà à 100 albums d’écoutés ! Et pourtant, j’ai encore l’impression ne n’avoir qu’égratigné la surface de ce vaste monde musical qu’est le jazz. Il est certain que j’ai déjà pu approfondir certains aspects ou sous-genres davantage que d’autres. Mais d’autres demeurent encore inexplorés, ou à peine effleurés. Je pense, entre autres, au free jazz, au smooth jazz, au vocal jazz, etc. Et d’un autre côté, plus j’explore un sous-genre, plus je réalise l’immensité de son étendue. Par exemple, le hard bop semble avoir un nombre pratiquement infini d’artistes et d’interprètes; et le jazz fusion peut toucher à tellement de styles, de domaines et d’effets différents, et ces associations peuvent, elles aussi, être interprétées et amenées d’un nombre de manières tellement important, que l’exploration du jazz en devient une aventure, voire une épopée !

Et je crois que les 4 derniers albums que j’ai écoutés peuvent donner un bon exemple de cette impression. À commencer par « Birds of Fire » du Mahavishnu Orchestra.

Il s’agit du second album du groupe jazz-rock aux fortes influences métal, qui m’avait laissé perplexe lors de leur premier album, par leur approche infernale, énergique, électrique et, surtout, métallique du jazz fusion et du jazz rock. Ou peut-être leur approche, leur progression et leur exploration jazzy du hard rock… Mais malgré plusieurs morceaux plutôt ordinaires sur « The Inner Mounting Flame » et un léger manque de structure et (j’allais dire d’audace, mais ce serait mentir) de génie, 1 ou 2 morceaux m’ont particulièrement accrochés, entre autres « The Noonward Race », que j’écoutais en boucle avec délice. Et comme l’approche générale m’intriguais, j’ai décidé de donner au groupe une seconde chance.

Et là, il s’agit clairement d’un excellent album. La même approche, mais réalisée avec plus de maturité, de contrôle et d’habileté; des mélodies plus structurées et plus poignantes; une énergie mieux canalisée : voilà comment je décrirais « Birds of Fire ». Et là, il y avait réellement du génie, et une audace bien réalisée. Si vous êtes comme moi, et que vous aimez tout ce que la musique peut vous apporter comme sensations et émotions, je vous le conseille franchement. Ce fut, pour moi, comme découvrir Nine Inch Nails ou System of a Down. On y découvre, avoir surprise, l’étonnante complexité et profondeur qu’on peut créer avec des styles aussi puissants et des instruments aussi « bruts ». Et par là, l’effet semble en être décuplé, par son énergie et ses sonorités franches. Il ne devient pas vulgaire. Il devient, plutôt, grandiose !

Ensuite, pour poursuivre mon exploration de l’électro-swing et du swing revival, j’ai écouté deux albums qui m’ont été fortement recommandés par mon ami Pascal. Tout d’abord, ce fut « Perennial Favorites » des Squirrel Nut Zippers.

Encore une fois, il s’agissait du second album que j’écoutais du groupe. Et encore une fois, il fut bien meilleur. L’énergie y était mieux transmise, et l’album y était plus « doux » et plus accessible. Le son semblait également plus mature et plus accompli. Il y avait plusieurs morceaux de pur swing, et quelques balades, dont une avec une guitare électrique au style country, distribuées au fil de l’album, pour bien balancer l’énergie et l’atmosphère. « My Drag », d’ailleurs, est très langoureuse, avec certains passages qui rappellent un tango. Et « Ghost of Stephen Foster » joue de mystère, en créant une atmosphère où on frisonne à voir des spectres et des squelettes dansés sous des rythmes endiablés.

Le second que m’avait conseillé mon ami est « Swing Party » de Bart & Baker. Comme il s’agit d’une compilation comportant 2 CDs de plus d’une heure chacun, j’ai décidé de le compter comme 2 albums. Naturellement, j’ai commencé par n’écouter que le premier album.

Comme je le disais plus haut, la diversité des sous-genres du jazz ne cessera pas de m’étonner de si tôt ! Dans cet album, réalisé par 2 DJs français, on prend de vieux morceaux de swing et on les remix, avec un petit style électro/club. Cela m’a vraiment fait penser au nu-jazz et aux compilations de Saint-Germain-des-Prés Café, mais avec une touche plus swing et plus dansante. Donc, si vous cherchez, pour vos soirées, de la musique de fond raffinée, jazzy, facile d’accès ET énergique, cette compilation est parfaite pour vous. Aussi, l’album est très diversifié dans ses interprétations. Parfois, les morceaux adoptent un rythme puissant et près du « boom-boom » typique des clubs, alors qu’à d’autres endroits, les morceaux semblent à peine retouchés, mélangeant ainsi avec brio rétro et modernité. Les moments chauds de l’album sont « It Don’t Mean a Thing » qui, selon moi, pourrait valoir l’album à lui seul, et le touchant « Quand Tu Danses » de Gilbert Bécaud.

Enfin, pour mon centième album, j’ai écouté un album du plus grand raffinement : « Live in San Francisco » de Cannonball Adderley.

Il s’agit d’un des albums que j’ai le plus apprécié jusqu’à maintenant. Peut-être même davantage, quoique de peu, que « Somethin’ Else ». Chaque morceau y est un délice. Et de mettre l’emphase sur la soul dans du hard bop comme cela, l’album en devient encore plus touchant. Chaque morceau est long d’une dizaine de minutes, et cela laisse amplement le temps aux musiciens de faire valoir chaque détail, chaque note, comme chaque montée et descente. Tout l’album est sublime, mais vous devriez peut-être vous attarder un peu plus sur « This Here », de Bobby Timmons, qui ouvre l’album avec classe et génie.

Voilà donc pour mes 100 premiers albums. Je vous promets sous peu un top 10 des meilleurs morceaux de jazz pour marquer le coup, et partager avec vous mes meilleures découvertes. Car, à écouter toute cette musique seul, cela en devient un peu vain. C’est en la partageant que l’on passe de la satisfaction à l’extase.

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