Top 10 des meilleurs morceaux – 269 jours, 263 albums

Le voilà enfin, en l’honneur de mes (plus de) 100 albums écoutés : mon Top 10 des meilleurs morceaux de jazz écoutés jusqu’à maintenant. Je tiens de prime abord à vous dire que le choix ne fut pas facile. Pour vous donner une idée, après une sélection préliminaire, j’en étais à près d’une quarantaine de morceaux… Ne vous surprenez donc pas si quelques bons morceaux y sont absents. J’ai tâché de ne conserver que les meilleurs. Débutons donc, en commençant le décompte par la fin, histoire de faire monter le suspense…

10e position : Where’s Sly?, de Medeski, Martin & Wood

Malheureusement, je n’ai pas trouvé de lien pour vous permettre d’écouter ce morceau. Il s’agit d’un des premiers morceaux de jazz que j’ai réellement apprécié. Il débute calmement, tout en douceur et langueur, avec une belle touche de mystère. Puis, la contre-basse s’active pour donner le rythme, et les cuivres la suivent en cadence. On sent une énergie et un mouvement raffiné s’en dégager. Mais peu de temps après, le rythme retombe, et on continue de développer cette langueur. Puis on reprend, cette fois avec le piano ! Cela devient alors presqu’une pleine, mais toujours en raffinement. Les musiciens demeurent toujours en contrôle, semblant même retenir leur émotion. Enfin, la cadence retombe de nouveau, pour terminer calmement.

9e position : I Don’t Want To Set The World On, de The Ink Spots

http://www.youtube.com/watch?v=pSK-1guFLDk

Tous les morceaux de ce remarquable groupe des années 30 et 40 sont bâtis sur le même modèle. On débute avec quelques notes sur une guitare; puis on entame les paroles de la chanson, qui seront répétées quelques fois; ensuite un chanteur les reprend plus lentement, calmement, et sans les chanter, donnant ainsi une intensité incroyable au refrain; enfin, on reprend le même thème pour terminer le morceau. Mais parmi toutes ces pièces somme toute assez semblables, celle-ci se démarque particulièrement. Elle semble mieux réalisée, plus sentie. Et les paroles sont extrêmement touchantes. Mais bon, je suis un éternel romantique… Aussi, il s’agit d’un indémodable classique.

8e position : Zombie, de Fela Kuti

http://www.youtube.com/watch?v=iBgewcFh-cg

Un autre morceau que je connais depuis un bon bout de temps. Il est rythmé, dansant, dynamique, voire endiablé ! Avec un long début instrumental d’environ 5 minutes, on ne peut que se laisser porter par le saxophone qui s’amuse sur un fond bourré de percussions. Puis on laisse la place à Fela, qui entonne un chant critique envers les militaires de son pays, qu’il qualifie de « zombies ». Malheureusement, mon oreille n’est assez bonne que pour en déceler quelques paroles. Mais on raconte que suite à la performance de ce morceau, les gens scandaient le mot « Zombie ! » dans la rue, et interpellaient par ce nom les soldats qu’ils croisaient. Par contre, vous vous en doutez, cela vint aux oreilles des autorités, et Fela en fut « brutalement » réprimandé. Mais si vous connaissez le personnage, vous savez que ce genre de chose ne l’arrête pas; bien au contraire ! Je salue ici son courage, et lui rends cet humble hommage.

7e position : Autumn Leaves, de Cannonball Adderley

http://www.youtube.com/watch?v=u37RF5xKNq8&feature=fvst

J’ai beaucoup hésité, face au grand nombre d’excellents morceaux de hard bop qui s’offrait à moi. Mais celui-ci était un incontournable, un classique ! Smooth, raffiné, avec une touche de soul, il représente la quintessence du style. Le départ au piano, avec la basse qui donne le rythme et la discrète batterie de Art Blakey. Puis entrent doucement le saxophone de Adderley et la trompette de Davis. Puis, c’est cette dernière qui prend rapidement la vedette et dirige la mélodie. Ensuite, le saxophone prend la relève, avant que la trompette ne revienne de nouveau, toujours aussi majestueuse. Puis elle s’efface de nouveau, et cette fois, c’est le piano qui s’avance pendant un petit moment, recul, puis s’avance de nouveau dans un solo des plus délicats. Enfin, le morceau se ferme doucement avec un dernier souffle de la part de Davis.

6e position : Chilcock, de Stanton Moore

Étonnamment, pour celui-là non plus je n’ai pas été en mesure de vous trouver un lien où l’écouter. Avec l’orgue électrique et la batterie, le morceau est incroyablement funky. Il martèle un rythme puissant où s’exprime en cadence le saxophone et le trombone. Puis, à quelques moments, le rythme semble s’affaiblir, et alors les cuivres s’emballent et se laissent aller librement, libérant d’un coup toute la « groove » qu’ils contiennent, avant de se faire rappeler à l’ordre de nouveau par le jeu de la batterie qui se revigore. Alors, la tension monte encore, avant d’être libérée de nouveau par l’inattention de la batterie.

5e position : Adam’s Apple, de Wayne Shorter

http://www.youtube.com/watch?v=1EVg0i30j8M

Il s’agit du second et seul autre morceau de hard bop que j’ai retenu. Mais, n’en soyez pas surpris, car j’aurais pu faire un Top 10 uniquement avec ce style. Cependant, où aurait été la diversité ? et la découverte ? Toutefois, ce morceau en demeure une. J’aime simplement son rythme, plus animé que celui de « Autumn Leaves », et la mélodie de piano sur laquelle s’amuse Shorter avec son saxophone. Les tons changent doucement, presque sans que l’on s’en rende compte. Ce morceau a une délicatesse remarquable, compte tenu de l’énergie qui s’y exprime. Tout semble contenu et maîtrisé. Tout semble être dans l’ordre. Et pourtant, dans cette structure, Shorter n’a aucune difficulté à s’exprimer, à faire passer l’émotion. Bien au contraire !

4e position : Birdland, de The Manhattan Transfer

http://www.youtube.com/watch?v=6QOQr0gzS48

Ce fut ma porte d’entrée vers le jazz fusion, et pour cela seul, je lui dois tous les honneurs. Mais attention ! Ce n’est pas un morceau facile, malgré la popularité et l’accessibilité du groupe. C’est un morceau à l’image du jazz et du monde. Il s’apprivoise lentement. On le craint d’abord, mais on apprend vite à le connaître. Puis, on commence à peine à l’apprécier qu’on l’aime déjà ! Enfin, on tombe dans la passion, et dans l’extase ! Il représente toutes ces choses merveilleuses, contenues dans ce monde, qu’on n’ose pas approcher; par crainte de se tromper, par peur de l’étranger. Mais on ne soupçonne même pas tout le potentiel de ces choses. Si on prenait le risque, ce simple risque, on découvrirait alors tout un autre monde, rempli d’autres merveilles à découvrir, à apprivoiser, et à aimer. Il y a trop de choses que je n’aimais pas d’abord et qui me passionnent maintenant, pour que je puisse encore me dire que je n’aime pas quelque chose. Il n’y a que des choses que je n’aime pas encore. Faites l’exercice ! Vous avez aimé votre première coupe de vin ? ou votre première gorgée de bière ? Et maintenant ? Et si vous avez déjà mangé des sushis plus de 3 fois, vous savez également ce que je veux dire. Le monde est comme ça, les gens aussi, et que dire de la vie elle-même ! Et surtout, on ne peut jamais aimer trop de choses…

Mais pour revenir au morceau, il est simplement électrisant, enveloppant et prenant. Les sonorités sont surprenantes, les paroles sont audacieuses, et l’ambiance générale relève tout simplement du génie. L’évolution, la structure, tout est wow. Voilà !

3e position : Love Me Like a River Does, de Melody Gardot

http://www.youtube.com/watch?v=fdKrUiUcEqw

Cette artiste m’a accroché dès la première fois où elle a traversé mes oreilles. Mais c’est plus particulièrement dans ce morceau qu’elle est arrivée à toucher mon âme. Il m’a tout simplement fait frémir; par son intensité, son émotion et sa simplicité. La chanteuse y exprime une tendresse immense, à travers ses paroles profondes et touchantes. Le tout simple pourtant humble et vulnérable, par la simplicité des instruments qui accompagnent le doux chant de Melody; mais aussi puissant et féroce à la fois, dû à l’émotion. Il s’agit, à mon avis, d’un bijou d’une rare beauté.

2e position : Rhapsody in Blue, de George Gershwin

http://www.youtube.com/watch?v=LYk_dU4IWVg&feature=related

Je vous donne la version de Fantasia 2000, par Walt Disney. Celle que je possède sur disque est par contre un peu plus longue et développée. Mais soyez sans crainte, le résultat demeure le même : une oeuvre magistrale ! Celle-ci y est éclatante et délicate, mais toute aussi puissante et affirmée. Elle joint à merveille le côté magnifique et grandiose de la musique classique et de l’orchestration, au côté urbain, contemporain et dynamique du jazz. Je crois sincèrement que c’est dans cet amalgame que le jazz y est le plus majestueux. Mais la valeur de cette oeuvre dépasse le cadre des styles. Il s’agit simplement d’un chef d’oeuvre universel.

1ère position : Train, de Chris Potter

1ère partie : http://www.youtube.com/watch?v=VSdssnChS7E

2e partie : http://www.youtube.com/watch?v=3cLZSw7CZsw&feature=fvwrel

Je ne sais trop comment l’exprimer, mais ce morceau est simplement mon préféré. Ce n’est pas forcément LE meilleur, mais il est certainement dans les premiers. Il est saisissant et prenant. Le saxophone y est merveilleux, audacieux et talentueux. La trame y est développée en profondeur, et la structure est équilibrée et impeccable. Mais je vous avouerai que je n’ai pas vraiment analysé ce morceau. Je me contente de le savourer…

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  1. #1 par CV le 22 avril 2011 - 06:14

    Merci pour cette sélection … étant un tout jeune auditeur de jazz cet univers est pour moi aussi envoûtant que mystérieux. Le simple fait de s’y retrouver lorsque l’on est un néophyte relève du défi.

    Je suis certains que vos choix serviront de point de départ à bon nombre de futurs fanatiques de jazz!

    ENCORE MERCI

    • #2 par Odysseus le 22 avril 2011 - 12:39

      Je suis vraiment d’accord avec vous. Il s’agit d’un bien vaste monde que celui du jazz ! Après quelques mois, je m’y perds encore, au milieu de tous ces genres et sous-genres, de ces artistes et groupes. C’est que, contrairement à beaucoup d’autres styles de musique, ici, chaque musicien est important. Par exemple, le batteur, qui est souvent plus discret et au second plan, peut avoir une carrière aussi florissante et passionnante, voire peut-être plus, que le saxophoniste ou le trompettiste mis à l’avant-scène. Alors, où commencer ? Surtout que chacun d’eux peut avoir produit une cinquantaine d’albums en carrière, y explorant souvent plusieurs genres selon les albums. Je me souviens du vertige qui m’avait atteint durant les premiers jours de ce défi…

      Mais je tiens à vous rassurer; dès qu’on commence à connaître quelques grands noms, comme Miles Davis, John Coltrane, Herbie Hancock, etc., qu’on commence à comprendre les structures et à maîtriser quelques grands genres, tels que le hard bop, le fusion et le swing, alors cet envoûtement et ce mystère se transforment en extase et en insatiable curiosité.

      En espérant que vous vous y laisserez prendre par ma faute,
      À la vôtre !

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