Archives de 29 avril 2011

The Soothsayer – 254 jours, 251 albums

Ce fut une semaine assez longue et chargée, surtout avec le temps gris si routinier du printemps. Je n’ai donc pu écouter qu’un seul album. Et pour me redonner le sourire, rien ne vaut un bon album de jazz bien réalisé. Ainsi, mon instinct fut bon en choisissant « The Soothsayer » de Wayne Shorter.

J’admire de plus en plus cet artiste. J’aime son style. Ses albums sont toujours animés d’une belle énergie, et ses morceaux sont toujours incroyablement texturés. Prenez « Angola » par exemple, dont le dynamisme et la rapidité d’exécution ne ternit en rien tout le relief très développé de la composition. Et que dire de « The Soothsayer », le morceau éponyme ? Dès le départ, c’en est saisissant. Tout coule sans difficulté, aisément et avec élégance, même si sa structure semble complexe, et même si la virtuosité que demande son exécution pourrait rebuter plusieurs autres artistes. En fait, c’est un peu comme lire du Victor Hugo. Le tout se lit facilement et semble, somme toute, assez simple, même si le résultat en est riche d’éloquence, d’images et d’impressions. Mais à y regarder de plus près, on se rend compte que chaque mot a son poids et a été choisi avec soins, que chaque tournure est bien étudiée et sert une fin. Et tout ce détail, ce travail n’est ensuite qu’enrobé dans un emballage tout poli et tout rond. C’est ça Wayne Shorter : la texture complexe et colorée de Thelonious Monk, mais l’accessibilité et le fini de Miles Davis dans « Kind of Blue ».

Aussi, une fois l’album terminé, on comprend pourquoi c’est McCoy Tyner qui est assis derrière le piano. Ça ne peut être que lui. Aucun autre pianiste ne pourrait aider Shorter avec autant d’aisance dans la création de cette atmosphère. Il y est clairement dans son élément, et dans son style. Et naturellement, Freddie Hubbard les accompagne avec brio.

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