Archives de juin 2011

Enfin au mitan ! – 194 jours, 182 albums

M’y voilà enfin : à la moitié de ce défi ! En effet, depuis hier, j’ai plus d’albums écoutés que d’albums à écouter. Et de plus, je m’y retrouve avec une avance d’un peu plus de 10 albums ! Cela fait du bien de constater que, malgré sa longueur et l’endurance qu’il demande, ce défi avance bon train, et même avec un peu d’aisance grâce à l’avance. Et pour les derniers miles du milieu, j’ai dû écouter 4 albums en valaient bien le coup. D’abord, « A Slice of the Top » de Hank Mobley.

Il s’agit d’une petite perle de hard bop. Il est bon du début, avec l’animé « Hank’s Other Bag », à la fin, avec le plus texturé « A Slice of the Top », en passant par le plus mélancolique « There’s A Lull In My Life » et le très doucereux « Cute ‘N Pretty » qui a un réel charme, et qui est ma préférée de l’album : http://www.youtube.com/watch?v=Qy_l8weMMsU . Pour le reste, Mobley a une douceur et une délicatesse exceptionnelles dans le jeu de son saxophone. Accompagné par la trompette plaintive mais calme de Lee Morgan, le piano, ici plus réservé pour la cause, de McCoy Tyner, la basse de Reggie Workman, la batterie si souple de Billy Higgins et le second sax de James Spaulding, l’album est un véritable petit joyau que je vous conseille fortement. Il s’agit également d’un autre album de hard bop bien abordable, mais qui offre des charmes cachés à l’auditeur averti ou expérimenté.

Ensuite, je me suis dit qu’il était plus que temps que je n’écoute un album solo du grand et surprenant guitariste John McLaughlin. Mon choix s’est arrêté sur « My Goal’s Beyond ».

Wow ! Quel tour de force ! Les deux premiers morceaux, « Peace One » et « Peace Two », explorent les influences indiennes et orientales de l’artiste, influences qu’il concrétisera plus tard avec le groupe Shakti. Mais ici, avec la flûte, le saxophone, la basse, la tambura et la tabla pour donner l’air et le rythme doux et méditatif, le violon de Jerry Goodman et la guitare acoustique de McLaughlin donnent des merveilles. Ce n’est pas aussi indien et stéréotypé que Shakti, et c’est ce qui en fait toute la beauté, toute la grâce. Car le rythme très présent de la contre-basse, avec le violon et la flûte si familiers nous jettent constamment des points de repère, qui se marient parfaitement avec les influences exotiques. Je vous recommande fortement la première, « Peace One » : http://www.youtube.com/watch?v=FHW02pqi-CU . Et le reste de l’album, quant à lui, explore sur une période de temps trop courte les exploits solo de McLaughlin sur guitare acoustique. Les incontournables moments seront la reprise du classique de Mingus « Goodbye Pork Pie Hat », ainsi que les deux originaux « Phillip Lane » et « Song For My Mother ». Il s’agit d’un must si vous appréciez l’instrument en question.

Et hier j’ai ressorti des poussières un bon vieux Medeski, Martin and Wood : « Out Louder », ici crédités Medeski, Scofield, Martin and Wood pour leur collaboration avec l’inestimable guitariste.

C’est, à mon avis, leur meilleur et leur plus accompli. John Scofield semble y pousse les membres du groupe plus loin, et le groupe semble avoir le même effet sur Scofield. Le rythme funk et soul qui lui sont caractéristiques sont ici à leur meilleur. La structure et le jeu avant-gardistes y atteignent un tout autre niveau, repoussant les limites encore plus loin, mais également en les assumant davantage et en les maîtrisant avec une force incroyable et une énergie totalement nouvelle. Je pense à « Miles Behind » et son atmosphère complètement déjantée, mais aussi à « Tequila And Chocolate » avec son rythme de bossa nova, et encore à la reprise de « Julia » des Beatles. Mais la meilleure, ou la plus marquante du moins, m’a semblé être « Hanuman » : http://www.youtube.com/watch?v=OpLRN8gqFy4 . Ironiquement, juste derrière dans mes choix, il y a « Miles Behind »…

Et j’ai finalement atteint le mitan grâce à « Red Clay » du saxophoniste Freddie Hubbard.

Cet album se retrouverait sans aucun doute dans mon Top 5 des meilleurs albums de post-bop écoutés jusqu’à maintenant. Les artistes y exposent un jeu à la structure aussi élastique et impressionniste que Mingus, mais en y empreignant une émotion complètement différente. Avec la batterie un peu funk et l’influence soul, celle-ci est plus joyeuse et douce, mais sans pour autant s’emporter outre mesure. Les musiciens demeurent toujours mesurés, même dans les solos bien sentis de « Red Clay », le morceau éponyme, dont je vous fais écouter l’alternate take live ; Part 1 : http://www.youtube.com/watch?v=Y9TEGEKO1Ko ; Part 2 : http://www.youtube.com/watch?v=8cFlNeT19ck&feature=related . Le saxophone de Joe Henderson et le piano d’Herbie Hancock y sont par ailleurs entièrement appropriés. Sinon, il y aussi le lent et calme « Delphia » qui en vaut bien la peine, même si tout l’album est un délice à écouter.

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Encore un peu de bop, et du beat – 197 jours, 186 albums

J’ai débuté ma journée, comme j’en avais perdu l’habitude, en écoutant un bon vinyle de jazz. Ce matin, c’était une acquisition toute récente : « Strangers In The Night » de Frank Sinatra.

On ne s’ennuie définitivement jamais avec ce Frank. Et celui-ci, avec les arrangements de Nelson Riddle, a un charme tout particulier. En effet, ceux-ci sont abordables et, avec l’orgue électrique par moments, donnent une touche moderne (l’album date quand même de 1965…) aux morceaux. Ils lui apportent une touche jazzy et populaire à la fois, rendant cet album charmant à n’importe quel auditeur. J’y ai bien apprécié son interprétation de « Call Me », et j’ai adoré le morceau d’ouverture, « Strangers In The Night » : http://www.youtube.com/watch?v=R_wnXWrikwM . Du Sinatra à son meilleur !

Et j’ai poursuivi avec un autre album de bop, pour faire suite à hier, mais cette fois avec « Afro » de Dizzy Gillespie.

Enfin, un album de bop qui a de la gueule ! Je l’ai apprécié du début à la fin. Mais il faut néanmoins que je vous mentionne qu’il n’est pas exclusivement fait de bop. En fait, Gillespie y mélange de fortes influences afro-cubaines, donnant à l’album un rythme soutenu, accompagné de percussions qui feront vibrer tout votre corps et vous donnera presque, j’ai bien dit presque, envi de danser. Ça commence avec le dynamique et très expressif « Manteca Theme » ( http://www.youtube.com/watch?v=vKwBwztWor8 ), ça se poursuit avec « Jungla » et ses percussions africaines, ça se termine par le classique « A Night In Tunisia » et le classique « Caravan » d’Ellington. Le tout, toujours joué avec un heureux mélange d’influences latines, africaines et les bases du bop qui, ici, vous en donnent plein la vue (les oreilles ?).

Enfin, cela faisait un moment certain que je n’avais pas écouté un volume de « Saint-Germain-des-Prés Café ». J’ai donc écouté le 4e volume.

C’est l’un de ceux que je préfère dans la série. Entre autres, parce qu’il débute avec « Naturally », également l’un des morceaux que je préfère de la série : http://www.youtube.com/watch?v=5JAW3_L_Irw . Une basse présente mais calme, du piano, une voix féminine tout en douceur… bref, de quoi charmer mon oreille de jazzophile. Sinon, d’autres morceaux qui valent le détour sur cette compilation de nu-jazz : le rapide « Flying Saucer », le raffiné « Yunowhathislifeez [Jazz Mix] », le mélancolie et rempli d’émotions « When My Angers Starts To Cry », et le très appréciable « Red Thing Called Love », parmi d’autres morceaux qui mêlent beat électronique, smooth jazz et ambiance lounge. Je le répète : tout pour animer vos soirées auxquelles vous voulez donner un brin de classe.

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Un petit « Bop » dans ma journée – 198 jours, 189 albums

Pour cette fin de semaine, j’ai pris deux résolutions quant à ce défi : d’abord d’agrandir de beaucoup mon avance, et ensuite, si possible, de passer le cap des 183 albums écoutés. Pourquoi 183 albums ? Parce que, après ce nombre, j’aurai écouté plus de la moitié des albums de mon défi. Sur le compteur, il ne m’en restera donc que 182 albums (et par la suite moins) à écouter. C’est pourquoi aujourd’hui j’ai pris des bouchées doubles, et que j’ai écouté 3 albums de plus, à commencer par deux tirés du bop. Tout d’abord, le 5e volume de « Singers and Soloists of the Swing Big Band ». Ce n’est pas exactement du bop, mais bon !

Cela faisait un bon moment que je n’avais pas mis un de ces disques sur ma table tournante. Je m’en ennuyais un peu… La première face est composée de collaborations avec Duke Ellington et son orchestre. On peut retrouver des noms tels que Cootie Williams, la belle voix de Herb Jeffries, et un morceau passionnant avec le saxophone de Johnny Hodges, soit « Passion Flower » : http://www.youtube.com/watch?v=_ww-XDuaxcw . Ellington y joue un piano lent et sensuel, alors que Hodges nous fait des montées et des descentes à nous donner des frissons. L’autre face, elle, est plus hétéroclites, mais est tout de même très appréciable, avec un peu de Bob Crosby et quelques morceaux avec Glenn Miller.

Ensuite, ce fut « Live At Trade Winds » avec Charlie Parker et Chet Baker.

Parker est derrière son saxophone et Baker derrière sa trompette, et ils nous donnent une performance live. Et ce qu’ils jouent c’est du bop, avec ses conventions et sa prévisibilité. Bref, j’ignore si c’était à cause de la qualité discutable de l’enregistrement (Je ne critique pas, mais reste que c’est une performance live et qu’elle fut enregistrée en 1952…) ou simplement parce que le jeu des artistes manquait de punch, mais je ne fus pas particulièrement accroché par l’album. Certes, il fut bien appréciable, mais sans plus. De la même manière, aucun morceau ne vaut d’être plus particulièrement mentionné…

Et pour terminer ma journée, je suis retourné un peu aux bases et à ma zone de confort : un album de hard bop classique. Ce fut « Red in Bluesville » de Red Garland.

Il s’agit de pianiste que je ne connaissais pas encore. Sur cet album en particulier, il revisite quelques standards du blues, mais en les réinterprétant dans un style très hard bop. Le style est plutôt simple, avec le piano mis au premier plan et simplement accompagné de la basse de Sam Jones et de la batterie d’Art Taylor. Ainsi, on peut assister par moments aux solos de l’un ou l’autre des artistes. Je m’attendais à une atmosphère plus blues, mais il s’agissait davantage d’hard bop en tant que tel, avec quelques airs de blues de plus. Mais naturellement, on y sent bien les origines soul et justement blues du style. Et pour l’album lui-même, il est très relaxe, très doux, avec le style particulièrement délicat de Garland. Pour vous donner une idée, je vous conseillerai « St. Louis Blues » qui clôture l’album : http://www.youtube.com/watch?v=eM7yOyYw-Gk .

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Météo ? Pluie avec forts risques de jazz ! – 198 jours, 192 albums

Il y a des groupes desquels on ne se tanne jamais. Weather Report en fait partie, avec son style avant-gardiste et la grande variété de ses albums. Prenons « Black Market » par exemple.

Paru juste avant leur grand succès « Heavy Weather », il s’agit d’un excellent album qui laisse présager ce coup de génie commercial et de jazz fusion. Par contre, comme chaque album du groupe, il a un peu son propre style. Les premiers morceaux, comme le morceau éponyme « Black Market », semblent nous diriger vers un album de world fusion dans le style des albums solos de Zawinul, avec les percussions bien présentes et la texture électronique un peu déstabilisante. Cependant, plus l’album avance, et plus on se dirige vers des atmosphères d’ambiance éthérées, qui rappellent leur album éponyme de 1971 que j’ai écouté (puisque le groupe a produit plus d’un album éponyme…). Et cela culmine avec le tour de force qu’est « Herandnu », avec ses brillantes textures électroniques qui nous plongent en pleine science-fiction : http://www.youtube.com/watch?v=eCQ89diiq5Q . Ce ne fut pas sans me rappeler Sun Ra et son « Atlantis » ! Mais ici, le tout est très accessible, mais en demeurant tout aussi audacieux et prenant. Sa demeure aussi du Weather Report, naturellement. Et juste avant ce morceau, il y a également « Three Clowns » et « Barbary Coast » qui valent bien le détour, surtout la seconde, qui nous transporte dans une sorte de western futuriste.

Un autre groupe avec lequel je ne m’ennuie jamais est bien celui d’Art Blakey et de ses Jazz Messengers. Ainsi, histoire de me remettre dans l’ambiance du hard bop, je me suis tapé « A Night in Tunisia », la version de 1960.

Leur performance du standard de Dizzy Gillespie, soit le morceau éponyme, est tout simplement merveilleuse, avec son abondance de percussions et de rythmes endiablés créée par Blakey : http://www.youtube.com/watch?v=FHKyVJ5YfNU . Le reste de l’album est, comme tout autre album du groupe, un excellent album de hard bop duquel il est impossible de ne pas se délecter. Avec le petit rythme prenant de « So Tired » et le jeu magique de la basse et du piano, et aussi avec « Yama » et ses airs langoureux et sophistiqués, vous ne vous ennuierez pas. Il s’agit clairement d’un autre album de hard bop que je vous conseille fortement d’écouter.

Et ce matin, comme le temps était bien gris, comme hier d’ailleurs, j’ai décidé d’écouter « Wave » d’Antonio Carlos Jobim : un petit album de bossa nova pour mettre un peu de soleil dans ma journée.

Et le résultat fut réussi ! Car il est difficile à battre, ce sentiment de relaxation que crée un album de bossa nova bien senti. Avec de bon morceaux tels que « Mojave », « Lamento », « Triste » et « Wave », qui sont habités d’un rythme lent, de douces et discrètes percussions et d’une guitare acoustique, la seule chose que l’on regrette est que l’album ne dure pas plus longtemps. En effet, 30 minutes à peine, c’est court pour vivre ce moment de détente ensoleillé (mais pas trop) que Jobim nous apporte. Je retournerai donc écouter encore et encore quelques uns de ses morceaux, surtout « Wave », le meilleur : http://www.youtube.com/watch?v=LMYn5bH-h4c .

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L’âme du jazz – 201 jours, 195 albums

J’ai l’impression que l’âme même du jazz, son essence et tout son concept, pourrait être exprimée par les deux artistes que j’ai écoutés hier : Charlie Mingus et Thelonious Monk. Ils personnalisent l’audace et l’innovation qui ont font du jazz le jazz. Sans ces deux concepts, on en serait encore au blues et à ses structures rigides. J’ai bien le blues, et la manière qu’il a d’exprimer avec autant d’intensité les émotions et de donner des frissons aussi pénétrants. Mais il a quelque chose d’intensément stimulant dans la philosophie et la manière de concevoir la musique qui sont derrière le jazz. Pour premier exemple, voici « Mingus Mingus Mingus Mingus Mingus », de Charlie Mingus.

Paru juste après « The Black Saint and The Sinner Lady », le grand chef-d’oeuvre de Mingus, cet album s’inscrit comme une sorte de best of de morceaux revus et corrigés. Il reprend certaines de ses grandes compositions, et il les réinterprète, les remanie un peu, joue avec. Donc, ici s’exprime toute l’essence du grand Mingus, ainsi que l’essence même du Post-bop.  Les grands passages larmoyants, les grands effets impressionnistes, les grandes images lugubres, tout y est. Si vous souhaitez connaître l’artiste, il faudra impérativement commencer par cet album. Certes, il n’a pas le côté grandiose et universel de « The Black Saint », mais il a l’avantage d’être plus simple, en ce sens qu’il est plus pur et plus direct. Il est plus académique, pour le peu que cela veuille dire dans le contexte du Post-bop. Paradoxalement, cela le rend aussi plus accessible, du point de vue du jazz. Les morceaux que vous devez retenir sont « II B.S. » avec son énergie typiquement minguesque ( http://www.youtube.com/watch?v=DWmE8T09-G4 ), « I X Love » et ses longs passages mélancoliques, « Hora Decubitus » avec ses premières notes de basse qui rappellent « Satan » du groupe Beast, et la chanson « Freedom » qui clôture l’album avec son chant plaintif. Et ma préférée ? « Theme for Lester Young », qui m’a semblé être un autre incontournable.

Et l’album de Thelonious Monk ? Le Bison du Ranch sans nom ( http://leranchsansnom.free.fr/ ) m’a fortement conseillé « Straight, No Chaser » en me vantant son charme. Donc je l’ai écouté. Et il avait raison.

Il s’agit d’un des derniers albums de Monk, et ça se sent. On sent son style en toute maturité, mais également adouci par l’âge et l’expérience. Certes, on reconnaît encore les harmonies typiques de ce grand pianiste, mais elles semblent être polies et amenées plus doucement. Ainsi, l’album n’a pas ce son angulaire si caractéristique de ceux qui l’ont précédé. Par contre, il a un charme véritablement irrésistible qui l’habite du début à la fin. Monk y a peut-être moins ce côté cérébral et demandant qui m’a fait tombé pour lui, mais il y exprime tout son talent sous la forme la plus raffinée que je lui connais jusqu’à maintenant. Car ce jeu qui lui est propre, choquant dans sa forme brute, apporte pourtant ici une touche de classe indescriptible à ses morceaux. Une autre chose qui fait la beauté de cet album, c’est sa simplicité, qui va même jusqu’à toucher au bop. Les structures y sont simples, reconnaissables et faciles à suivre. Par exemple, surtout dans le morceau éponyme, mais aussi un peu dans « We See » ( http://www.youtube.com/watch?v=z0O4s3xT6DQ ), sur un long moment le piano fait un solo sur fond de batterie et de basse. Puis, le piano se fait de plus en plus discret, alors que c’est la basse qui est mise de l’avant. Enfin, rien que la batterie demeure, exposant son solo, avant que le reste du groupe ne revienne pour reprendre le morceau. Structure assez simple, et assez classique. Mais ce côté prévisible nous permet justement d’apprécier différemment le style si particulier du pianiste, nous permettant, peut-être, de mieux nous familiariser avec lui. Avec les deux morceaux morceaux mentionnés plus haut, j’ai bien apprécié le solo « Between the Devil and the Deep Blue Sea », ainsi que « Japanese Folk Song (Kojo No Tsuki) ». Maintenant, c’est à vous de juger…

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Free jazz, big band expérimental et mythologie égyptienne – 203 jours, 197 albums

Voilà : je m’aventure un peu plus dans les méandres féconds du free jazz. En effet, car ce ne sont ni les artistes ni les albums de ceux-ci qui manquent ! Et leur univers est pour le moins… mystérieux. Mystérieux ? Je vous présente les deux albums que j’ai écoutés hier, et vous comprendrez pourquoi. Tout d’abord, « Karma » de Pharoah Sanders.

Je pourrais vous présenter l’album comme étant un héritage de « A Love Supreme » de John Coltrane. Il en reprend plusieurs aspects : la liberté propre au free jazz, le côté spirituel et sublime, et une force intense les habite tous les deux. Par contre, ici, elle s’exprime complètement. L’album est composé de deux morceaux; le premier, « The Creator Has a Master Plan », dure un peu plus d’une trentaine de minutes et est, vous l’aurez compris, le morceau principal; le second, « Colors », ne dure que 5 minutes et demie, mais ne donne pas sa place non plus. « The Creator », bien que difficilement accessible, m’a semblé être un véritable chef-d’oeuvre. Il vous pénètre et vous fait vivre une expérience spirituelle intense. Avec ses percussions africaines qui rythment le morceau, son mur de sons hétéroclites (on peut entendre des tambourins, des cloches à vache, des xylophones, et j’en passe !), et ses moments d’extase où les musiciens s’emportent pour créer un chaos indescriptible, Sanders nous fait vivre un véritable voyage initiatique en 30 minutes. On en ressort même essoufflé, dû à la frénésie de cette musique. Les plus beaux moments apparaissent juste après ces moments d’extase, où la musique et les instruments, en créant un chaos aussi enveloppant, atteignent un paroxysme si intense que, lorsque la tension redescend, on a l’impression que la musique et les sons eux-mêmes se sont sublimés, atteignant du même coup un plan d’existence plus élevé, touchant même au divin. Le passage qui suit alors semble avoir une force qui touche directement à l’âme et qui a même des airs de révélation. Par contre, je vous avertis tout de suite, il faut une certaine ouverture d’esprit, d’abord, pour apprécier ce morceau, et une certaine expérience du free jazz et de ses formes avant-gardistes et disons bruyantes, ensuite. Néanmoins, histoire de vous mettre l’eau à la bouche et de vous donner le goût d’essayer, je vous laisse écouter « Colors », qui donne un aperçu assez révélateur du reste de l’album : http://www.youtube.com/watch?v=iBK4SIeFz9Q .

L’album qui a suivi était peut-être moins intense sur le plan spirituel, mais il l’était tout autant du point de vue musical. Je parle de « Atlantis » de Sun Ra.

Voilà un artiste qui est tout un personnage ! Faisant du free jazz et du jazz d’avant-garde bien avant que cela ne devienne à la mode, portant des costumes et entourant ses oeuvres d’une mythologie à la fois égyptienne et tirée de la science-fiction, donnant de fausses informations sur lui-même et ses travaux : disons simplement qu’il était un peu controversé. Mais bon, quel innovateur ne l’est pas ? Aussi, il donna beaucoup au big band expérimental, un style de jazz qui joue du free jazz, mais avec un big band. Vous imaginez déjà toutes les difficultés qui peuvent surgir de l’idée d’improviser librement et sans structure avec une vingtaine de musiciens… C’est pour cela que, à ce que j’ai compris, l’oeuvre de Sun Ra est en grande partie cacophonique et aussi assez difficile d’accès. On m’a donc conseillé de débuter avec l’album « Atlantis » et en particulier son morceau éponyme d’une vingtaine de minutes. Le résultat ? Du free jazz futuriste aux sonorités de science-fiction, sans aucun rythme ni substance temporelle, traversé d’effets sonores qui donnent des frissons, et avec une exploration surréaliste et assez surprenante merci de la texture musicale; bref, assez innovateur, et tout aussi inaccessible. Cependant, je suis assez fier de moi, car je crois que je commence à saisir, à comprendre et surtout à apprécier ce style musical. Certes, la chose n’est pas facile, et il faut toujours garder une grande ouverture d’esprit pour pouvoir véritablement apprécier ce genre d’oeuvre. Mais on en ressort grandi. Avec « Atlantis », Sun Ra crée un univers sonore dense et lourd dans son sens et sa portée. Il s’agit d’un morceau duquel n’importe quel musicien voulant composer de la musique de science-fiction pourrait s’inspirer. Cependant, la question de savoir s’il s’agit de musique demeure plus délicate… Bien sûr, il y a des parties qui forment le morceau, ainsi que des montées dramatiques et des descentes plus calmes : il a véritablement une structure théâtrale qui l’habite. Mais sans rythme, sauf à quelques rares occasions, il est difficile de vraiment appeler ça de la musique à proprement parler. Comment l’appeler alors ? Du son ? Du bruit ? C’est définitivement quelque chose de plus ça. Mais quoi ? Peut-être quelque chose entre deux mondes…

Enfin, si vous vous sentez aventuriers, vous pouvez toujours juger par vous-mêmes. Bien entendu, je ne force personne. Et j’irais même jusqu’à le déconseiller à la plupart des gens, sauf si vous avez un peu d’expérience dans le style. Sinon, pour le bien de vos oreilles, résistez à la tentation ! Part 1 : http://www.youtube.com/watch?v=qV0WYwTX4DI&feature=related ; Part 2 : http://www.youtube.com/watch?v=eJIE5wtb9h0&feature=related .

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Les exploits de quelques artistes – 204 jours, 199 albums

Enfin, j’ai pris le temps d’écouter un autre chef-d’oeuvre de Thelonious Monk. Et il s’agit peut-être du meilleur ! Je vous parle de « Monk’s Dream ».

Ici, on sent Monk au meilleur de sa forme. L’album est étonnant, en ce qu’il exprime toute l’audace et la complexité de l’artiste, tout en demeurant incroyablement accessible. Certes, si vous vous lancez dans le jazz, ne commencez pas par cet album ! Mais si vous souhaitez connaître ce grand pianiste, là, commencez par lui. Il s’agit, à coup sûr, d’une bonne façon de s’initier à son jeu pour le moins déstabilisant, et surtout très stimulant. En effet, il semble s’exprimer ici avec plus de douceur, étant beaucoup moins anguleux que sur les deux autres albums que j’ai écoutés de lui. Bien entendu, certains passages le demeurent, mais ils ne sont pas légion non plus. Ce qui surprend le plus chez Monk, ce n’est pas la structure de son jeu, car celui-ci demeure profondément ancré dans le hard bop, touchant même au bop par moments. Ce qui surprend, ce sont ses harmonies et la succession logique des notes et des accords qui, ici, est tout autre. On entend Thelonious plaquer deux accords sur son piano, et on imagine déjà le troisième. Mais non, il prend immédiatement une autre voie ! Et dès qu’on croit pouvoir prévoir à nouveau laquelle il prend, il bifurque encore, gardant toujours l’auditeur aux aguets.

Tous les morceaux en valent la peine, mais à votre place, je porterais une attention plus particulière à « Bright Mississippi » ( http://www.youtube.com/watch?v=kC199jtOZS4 ). Les notes du début expriment à merveille mon dernier point. Sinon, il nous offre également deux solos admirables, soit « Body and Soul » et « Just a Gigolo », deux standards. Il y a aussi « Bye-Ya » et « Monk’s Dream » qui valent bien de prendre quelques minutes pour eux.

Ensuite, ce fut « Cannonball and Coltrane », et vous aurez compris de quels artistes il est question…

Je vous dirai : une bonne collaboration, mais sans plus. En fait, il s’agit de bon hard bop, avec deux artistes de talent, mais le résultat n’a rien de novateur ou de passionnant non plus. Juste un bon album de hard bop de plus où, naturellement, le saxophone est mis à l’honneur ! Aussi, je ne saisis pas encore assez bien le style de Cannonball Adderley et de John Coltrane pour bien analyser les tenants plus détaillés de leur collaboration. Toutefois, leur jeu semblait se mêler parfaitement et en toute harmonie, sans tension ni mauvaise surprise. Sinon, le meilleur moment de l’album ? « Stars Fell On Alabama », avec sa délicatesse et sa langueur. Et je vous conseille également le rythmé « Limehouse Blues » : http://www.youtube.com/watch?v=2C4WuL2Wujk .

Enfin, ce matin, pour me réveiller et me donner de l’énergie, je n’y suis pas allé de main morte ! Surtout pas avec « My Spanish Heart » de Chick Corea.

Il s’agit véritablement d’un chef-d’oeuvre à part entière. Il m’a littéralement séduit du début à la fin. Sur cet album, Corea mélange avec brio le fusion, le jazz-rock et la musique latine de laquelle il tire son inspiration principale. Pourtant, la fusion de ces styles m’a semblé si parfaite et complète qu’on peut difficilement dire qu’il s’agit de tel style influencé par tel autre ou le contraire. Il s’agit véritablement d’un tout. Par moments, le rythme latin, ainsi que ses harmonies et ses progressions, sont interprétés par des instruments typiquement jazz, et même mis dans une structure rappelant le Post-bop. Par contre, dans d’autres passages, ce sont des instruments latins qui expriment des thèmes ou des apogées clairement tirés du jazz. Bien que le résultat en soit assez hétéroclite, il est étonnant de voir si peu de moments ou cela fausse. Au contraire, sur tout l’album, c’en est extasiant et grandiose, dans ce couple des genres, à leur origine pourtant si éloignés. Le seul moment où l’accord semble avoir été moins bien fait, ou alors est-ce simplement parce que le passage à mal vieilli, c’est durant la suite « El Bozo », où le caractère impérieux du synthétiseur et de l’ambiance électronique est un peu mal calibré. Mais pour le reste, il s’agit d’un coup de maître de la part de Corea, qui y maîtrise parfaitement les 2-3 styles qu’il y exploite : autant son jazz fusion innovateur que ses origines et inspirations latines. Sérieusement, il s’agirait d’un autre album que vous devez écouter dans votre vie. Mais attention : un minimum de préparation est requise, en vous familiarisant avec les deux styles respectifs d’abord.

Je vous laisse donc avec deux extraits de l’album. D’abord « My Spanish Heart » : http://www.youtube.com/watch?v=-aEHWw3ku9o . Bien que durant moins de deux minutes, elle flamboie de virtuosité et de grandeur. Ensuite, « The Hilltop » : http://www.youtube.com/watch?v=YfX9DLAtBcw . Ce ne sont peut-être pas les deux plus représentatives, mais ce sont définitivement les meilleurs.

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Puis vinrent la classe et l’innovation – 208 jours, 202 albums

Mais aujourd’hui, c’est un album rempli de classe et de raffinement que j’ai écouté au travail : « Francis Albert Sinatra & Antonio Carlos Jobim ».

« Parfaite » serait le terme à employer pour décrire la musique que l’on peut entendre sur cet album. « Divine » pourrait en être un autre. Sérieusement, j’étais déjà un fan de Sinatra, mais là, wow ! Avec les airs de bossa nova, les arrangements orchestraux magistraux et Jobim qui l’accompagne, on croit tout simplement rêver. En voilà un autre : « Sublime ». Alors que les violons et les rythmes lents et sensuels nous élèvent, la voix de Sinatra nous transporte littéralement, et alors, tout notre corps se relâche, toute tension et tout stress disparaît d’un seul coup. « Magique », aussi. Par moments, on se voit plonger dans un cabaret de la vieille et belle époque, dans une scène romantique à la Casablanca ou à la Quai des Brumes, ou dans l’une des nombreuses scènes de séduction d’un vieux James Bond. Par conséquent, il s’en dégage également un raffinement et une classe littéralement indescriptibles. J’ai souvent décrit des albums ou des morceaux avec une expression semblable. J’en suis bien conscient, et cet album les surpasse tous. De loin ! Mais imaginez : certains morceaux se démarquent encore davantage ! Je parle ici de « Quiet Night of Quiet Stars », de « If You Never Come To Me », de « Agua De Beber », mais surtout du grand et incontournable classique « The Girl From Ipanema » : http://www.youtube.com/watch?v=7y5TuWlvNkI . Installez-vous confortablement, fermez les yeux, et… laissez vous porter.

Et pour terminer avec un peu plus de génie, bien que celui-ci n’a pas manqué durant ces 2 derniers jours, j’ai habité mon retour de « Filles de Kilimanjaro » de Miles Davis.

Ce qui est littéralement fascinant avec les albums de Miles Davis, et particulièrement avec ceux de cette époque, c’est qu’on peut voir l’évolution lente mais assurée de Davis, et aussi la genèse et la maturation d’un style et d’une ambiance. Réalisé avant « In a Silent Way » et « Bitches Brew », il ouvre la voie vers la naissance timide du style qu’est le premier album et vers l’éclair de génie et de virtuosité artistique qu’est le second album. Par contre, ici, le fusion y est à peine perceptible. En fait, on sent plutôt des influences blues et parfois même terreuses, et aussi une volonté forte d’explorer de nouvelles idées et de nouvelles manières de faire du jazz, en utilisant comme base le Post-bop et sa flexibilité. Le résultat est fort en potentiel. Sans être extraordinaire en lui-même, on sent bouillir dans cet album tout le génie qui éclatera à peine deux années plus tard, en 1970. Mais l’album est aussi très intéressant dans cet assemblage rare et presque anachronique de fortes racines blues et traditionnelles, avec certains thèmes, des odeurs de terre et un jeu très bas qui donne l’impression d’être tout près du sol, et de l’audace et créativité du post-bop, avec ses thèmes élastiques, ses ambiances très expressionnistes et même un peu sombres, et la place importante laissée à l’innovation. Aussi, on sent par moment le germe des grands moments éthérés de « Bitches Brew », lorsque Davis joue quelques notes stridentes et que le reste de l’espace semble à peine habité par le reste des musiciens. Enfin, le morceau qui m’a semblé le plus intéressant était sans aucun doute « Mademoiselle Mabry (Miss Mabry) », que je vous suggère d’écouter ici : Part 1 : http://www.youtube.com/watch?v=3vC25vxQAJ4 ; Part 2 : http://www.youtube.com/watch?v=R149NSnTlqE&feature=related .

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Virtuosité – 208 jours, 202 albums

5 albums d’écoutés en 2 jours : ça, c’est jazzy ! Et il est assez surprenant que, sur les 5, seulement 1 m’ait déplu. Mais bon, racontons les choses dans l’ordre. J’ai découvert hier matin, en me rendant au travail, un organiste exceptionnel : Larry Young, avec son album « Unity ».

Selon les morceaux de l’album et les passages, cet album peut être défini par une multitude de styles : allant du hard bop aux fortes influences soul et un peu blues jusqu’au Post-bop avec un brin de fusion et de funk. Mais la chose qui m’a frappé le plus à l’écoute de cet album, du début à la fin, c’est l’apport immense de l’orgue Hammond B-3. Sur « Zoltan », par exemple, la composition est davantage de type hard bop, mais le son grave et intrinsèquement soul de l’instrument amènent une profondeur insoupçonnée à l’ambiance. L’atmosphère ressemble au blues, mais sans être pour autant terreuse, et surtout, les constructions restent fortement ancrées dans le jazz. Le résultat en est assez étonnant, et l’émotion qui s’en dégage également. Elle semble vraie et personnelle comme dans le blues et le soul, mais sans tombé dans le folk, et en même temps elle est créative et libre comme dans le jazz, mais sans pour autant être cérébrale ou éthérée. Bref, il s’agit d’une belle expérience sonore et émotive. Aussi, comme il n’y a pas de bassiste, on dirait que l’orgue prend sa place, mais en rendant son jeu et ses thèmes beaucoup plus accessible. Voilà un petit exemple de l’album pour vous inspirer : http://www.youtube.com/watch?v=3nExzRq7SBc .

Une fois le soir arrivé, j’ai enfin pu écouter un album de ce pianiste montréalais dont on m’avait tant vanté les mérites : Oscar Peterson, et ce fut avec son album « The Trio ».

Assis derrière son légendaire piano, et seulement accompagné d’un guitariste (Joe Pass) et d’un bassiste (Niels-Henning Orsted Pedersen), tous les deux exceptionnels, il fait un véritable malheur. Et je vous dirai que ces 3 instruments suffisent amplement ! Sur « Blues Etude », qui ouvre l’album et est définitivement le morceau le plus épatant ( http://www.youtube.com/watch?v=R86TSg_nymw&feature=related ), les 3 musiciens dialoguent entre eux à une vitesse folle, et comblent l’espace musical de manière stupéfiante. Leur synergie semble même hors du commun. Et sur le reste de l’album, Peterson n’a de cesse de nous démontrer son immense virtuosité, en jouant légèrement sur les styles, nuançant à souhait le hard bop, puis tirant légèrement vers le blues, retournant vers le bop, etc. Bref, il s’agit d’un véritable et authentique album de jazz, et de grande qualité. Et avec sa grande accessibilité, je vous le recommande plus que chaudement. En fait, il brûle dans mes mains ! Prenez-le, vite !

Et pour terminer la soirée, je me suis rangé derrière un album plus calme et facile, soit « Smooth Jazz Café, Vol. 2 ». Voilà celui qui fut décevant.

Car en effet, rien n’y était surprenant : du fusion adouci et mêlé à de la musique populaire, rendant le jazz incroyablement accessible, mais en lui retirant toute substance sur les points de la technique, de la profondeur, de l’art, et donc, en grande partie, de sa valeur. Au moins, il a un mérite : il m’a enfin fait comprendre en quoi le smooth jazz se rapprochait du fusion. Écoutez ce morceau; « Throught The Window » de Brian Bromberg : http://www.youtube.com/watch?v=suZfLpQxb00 . Cela ne vous rappelle pas un groupe ou une ambiance ? Pourquoi par le Pat Metheny Group ? À la différence de la recherche musicale, bien sûr. Sinon, d’autres morceaux, comme « Miles After Dark », me rappelaient le nu-jazz, avec sa basse très présente. Mais bon, je critique beaucoup, mais l’ambiance générale est bonne, et l’album peut faire une excellente musique de fond. C’est simplement qu’il n’est ni impressionnant, ni stimulant… Aussi, je crains que je n’écouterai pas les autres volumes de cette collection, sauf, peut-être, vers la fin du défi, si j’en ressens l’envie.

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Délices gustatifs et sonores – 212 jours, 207 albums

Vous remarquerez sûrement une légère perte d’avance dans mon défi. Je tiens à vous rassurer : ce n’est ni par manque de motivation, ni par mauvaise volonté. C’est que cette semaine, je suis allé au Mondial de la Bière, à Montréal. Ainsi, mercredi soir, je n’ai pu écouter mon album habituel, ni le lendemain d’ailleurs, car, semble-t-il, je supporte moins le manque de sommeil que jadis, surtout après une grosse journée de travail. Mais j’ai quand même pris le temps d’écouter 3 albums qui ne donnent pas leur place. Le premier, c’est « Sonny Rollins Plus 4 », et vous aurez deviné l’artiste.

Vous vous souvenez de ma rencontre avec Rollins ? Le premier album : pas fameux. Le second : bien meilleur ! Celui-ci ressemble davantage au second. Sans être exceptionnel, il s’agit d’un excellent album de hard bop qui s’écoute sans trop d’attention. Par contre, « Valse Hot » est très intéressante, alors qu’elle nous offre une belle valse aux teintes jazzys. Et aussi, il y a « Pent-Up House », une composition originale de Rollins, qui pourrait vendre l’album à elle seule : http://www.youtube.com/watch?v=yIlpEnsa2d8 . Sinon, comme je disais plus haut, un bon album, sans plus.

Et j’ai poursuivi avec « 80/81 » du Pat Metheny Group.

Il s’agit d’un album, double, assez représentatif du groupe, avec, toujours, ses jeux de guitare et de basse bien caractéristiques, et leurs ambiances éthérées. Aussi, l’album y a la même simplicité, contrairement à « Off Ramp » qui était beaucoup plus cérébral (et qui, selon moi, est leur meilleur album, justement par cette exploration si bien réalisée). Pourtant, toujours dans cette simplicité, « 80/81 » m’a semblé un peu plus développé, peut-être à cause de sa longueur, ou peut-être à cause des styles assez différents d’un morceau à l’autre. Par exemple, la première partie de cet album est plus smooth et conventionnelle, tirant parfois un tout petit peu vers le folk, alors que la seconde est plus chaotique et exploratoire, faisant, par moments, davantage penser à du Post-bop qu’à du fusion. Cela dit, le tout demeure toujours dans le style propre à Metheny. Il est difficile de vous présenter un morceau en particulier, mais j’ai tout de même choisi « Two Folk Songs » : http://www.youtube.com/watch?v=wKfXeND6klk .

Enfin, le meilleur des trois, ce fut « Tom Cat » de Lee Morgan.

Ça faisait un petit moment que je n’avais pas écouté un album de cet artiste. Et celui-ci est définitivement le meilleur, même devant « The Sidewinder ». Bon, peut-être est-ce parce que mon oreille a maturé depuis, mais reste que c’est celui qui est venu me chercher le plus, surtout avec son morceau éponyme qui ouvre l’album : http://www.youtube.com/watch?v=UqdEL4ehmFI . Il a une délicatesse et une mesure qui sont simplement irrésistibles. Par conséquent, un raffinement infini s’en dégage. Un autre morceau qui ne donne pas sa place, c’est « Exotique », avec toujours la même classe, mais également une texture assez envoûtante. Je vous la conseille aussi, surtout si vous avez apprécié la première. Et là, si les deux vous ont séduits, il ne vous reste plus qu’à écouter le reste de l’album et à découvrir tout le talent qui y est contenu.

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