Archives de juillet 2011

Vacances, Québec et jazz : Part 1 – 165 jours, 151 albums

Enfin quelques vacances bien méritées ! J’en ai donc profité pour partir avec un de mes bons amis pour la capitale nationale, histoire de rendre visite à quelques amis, de faire le touriste au Moulin-à-Images, dans 3-4 microbrasseries et au légendaire Madrid avec ses dinosaures géants en papier mâché, et d’écouter quelques bons albums à aller et au retour.

Tout d’abord, mon ami mélomane a insisté pour qu’on réécoute « Tijuana Moods » du mystique Mingus. Quoi de mieux pour débuter le voyage que de redécouvrir cet album et de découvrir qu’il s’agit d’un classique. Après avoir écouté d’autres albums de l’artiste, j’ai pu, cette fois, pleinement apprécier les nuances et la fusion des styles que Mingus y met en scène. Imaginez, juste un instant, la tourmente schizophrène du bassiste mêlée à des rythmes latins de flamenco…

Ensuite, les albums du coffret-collection de mon ami se sont succédés, à commencer par « First Time! The Count Meets The Duke », avec les orchestres de Count Basie et de Duke Ellington.

Vous le savez, je ne maîtrise pas beaucoup ni cette époque, ni ce style, et je ne l’apprécie pas outre mesure non plus. Ce n’est pas qu’il s’agisse de mauvaise musique; c’est simplement que, aux côtés du Post-bop, du fusion et du free jazz que je commence à apprécier, le Big Band et les débuts du jazz sont moins stimulants. Et pourtant, cette fin de semaine, j’ai trouvé des albums plus que satisfaisants. Celui-ci, par exemple, en est un excellent. La rencontre de ses deux maîtres du style et de leur orchestre est, précisément, très stimulant, et tant pour les musiciens que pour l’auditeur. Avec des classiques comme « Battle Royal » ( http://www.youtube.com/watch?v=tCPnXdvtsQY ) et l’indémodable « Take The « A » Train », on ne s’ennuie guère au son mature et complet de ces artistes. Le nombre et la variété des instruments permettent de donner à ces morceaux une texture difficile à retrouver plus tard. Certes, il y a toujours le Big Band expérimental, mais cela fait grand bien d’entendre tous ces artistes jouer avec harmonie.

Ensuite, je me suis dit qu’il était grand temps que j’écoute enfin un album du légendaire Benny Goodman. Et ça tombait bien ! Il y avait justement « Together Again! » dans la collection de mon ami.

Goodman et son Quartet ont ce style si particulier qui les rend tellement raffinés et sophistiqués ! S’en est remarquable. Les instruments aident certainement, car comment peut-on avoir l’air terreux et folk avec un piano, une batterie, un vibraphone et, surtout !, une clarinette ? Mais il y a aussi quelque chose dans l’ambiance et l’atmosphère qui s’en dégagent, dans ce jeu parfois lent et posé, parfois plus cadencé mais toujours maîtrisé, qui rendait ce groupe un incontournable des soirées mondaines et bourgeoises blanches de l’époque. N’oubliez pas que le jazz est une musique de noirs et que, à cette époque, cela comptait encore ! Et que Goodman est un blanc, et qu’il emploie dans son groupe tant des blancs que des noirs et ce sans distinction ! Pourtant, la seule chose qui pourrait avoir un son aussi raffiné, ce serait de la pure musique classique… Et ne dit-on pas que le jazz est la musique classique des États-Unis ? En voilà bien la preuve.

À écouter ces 3 albums, nous en étions déjà à Québec. Je vous reviens donc sous peu avec les 4 albums qui ont meublé mon voyage.

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Quelques vinyles et des parties de Pentago – 172 jours, 157 albums

C’était lundi, après avoir écrit les deux derniers articles de ce blogue, que mon ami est venu chez moi, afin que l’on écoute les vinyles de jazz qu’il ramenait d’Allemagne. C’est donc au son de Pat Metheny, puis de Weather Report, qu’on a bu du limoncello et un peu de vin, et qu’on a joué des parties de Pentago. Le Pentago ? Il s’agit d’un jeu de stratégie dans le même genre que les échecs ou les dames, se jouant à deux, certifié de la Mensa, et dont le slogan dit : « Seconds to learn, but years to master ». Essayez par vous-mêmes ! Mais bref, parlons de « Watercolors » de Pat Metheny.

Il s’agit d’un des albums du début de la carrière du guitariste, paru juste avant la pierre de touche que deviendra son album blanc. La critique que j’en ai lue semble mettre l’emphase sur le fait que l’artiste et son groupe cherchent encore leur son, et manque, entre autres, de maturité. Je dois, ici, imposer mon désaccord. Peut-être est-ce l’effet de la table tournante, du son si chaleureux qui s’en dégage, ou du côté si réel et prenant de tenir entre mes mains un véritable vinyle de jazz (autre que du Sinatra ou du Nat King Cole), mais j’ai au contraire trouvé que l’album était particulièrement touchant et accompli. Le morceau éponyme et « Icefire » qui ouvrent l’album sont déjà empreints d’une douceur et d’une émotivité remarquables. En effet, j’ai trouvé l’album étonnement profond pour du Pat Metheny. Ou peut-être que je commence à me faire au son et à l’ambiance ? N’empêche que des morceaux comme « Oasis » ( http://www.youtube.com/watch?v=5QTOqiB2OSk ) commencent à avoir un effet certain sur moi…

Mais mon ami préfère la musique qui a de l’énergie et de la drive. Nous avons donc enchaîné avec « Night Passage » de Weather Report.

Cette fois, dès les premières notes, c’est un son électrisant qui se dégage du disque. Cela rappelle, certes, l’ambiance si particulière de Weather Report et même celle de Joe Zawinul, mais ce qui m’a surpris le plus, c’est le rapprochement qu’on peut faire avec The Manhattan Transfer. Après l’écoute de cet album, l’un des derniers significatifs du groupe, on comprend mieux d’où The Manhattan Transfer tire son inspiration. On comprend également que ce son ne peut être que l’évolution naturelle de ce style si particulier. Aussi, les deux meilleurs moments de l’album sont définitivement « Port of Entry » et « Madagascar », qui ferme l’album. Le premier pourrait facilement être l’un des classiques du groupe et du genre, avec sa texture déjantée, mais ici exprimée tout en douceur, alors que le second rappelle plutôt le world music de Joe Zawinul, avec ses sons de bois, sa texture, et son lot d’électronique : http://www.youtube.com/watch?v=Rkfz69dh5X0 . Mais encore une fois, l’ambiance y demeure calme et mesurée. Il s’agit certainement d’un autre grand album du groupe.

Et nous avons terminé la soirée avec un des vinyles de ma propre collection que je chéris énormément : « Big Band Hits Of The 30’s & 40’s ».

À y repenser, j’aurais tout aussi bien pu débuter ce défi avec cet album : une compilation des plus remarquables des grands classiques de l’ère du Big Band. On y retrouve « Cherokee », le « April In Paris » de Count Basie, les très touchants « I Can’t Get Started With You » et « I’ll Never Smile Again », et bien d’autres ! Mais ma préférée et la meilleure est sans conteste « Sing, Sing, Sing », composé par Louis Prima, et ici interprété par Benny Goodman (de qui je tarde encore à écouter un album…) : http://www.youtube.com/watch?v=r2S1I_ien6A . Il s’agit d’un indéniable classique que tous ne peuvent que reconnaître. Il symbole les belles et folles années, la fête et le swing sous leur meilleure forme. Bref, si vous réussissez à mettre la main sur cet album, vous ne le regretterez pas. Au contraire ! Il animera par la suite toutes vos soirées…

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Texture, texture, et encore de la texture – 174 jours, 160 albums

Je parle bien sûr d’un autre album de Wayne Shorter. Cette fois-ci, c’est « Et Cetera ».

Un album un peu plus bleu et mélancolique qu’à l’habitude, mais une perle de jazz comme toujours. Encore une fois, Shorter y explore les textures infinies et tirées du hard bop de son instrument et de ceux de ses acolytes. Avec le morceau éponyme qui ouvre l’album, le ton est donné : http://www.youtube.com/watch?v=h6fbMens63g . Ensuite vient le vraiment bluesy et larmoyant « Penelope ». Le saxophoniste y met à nue son âme de la manière la plus élégante et posée possible. Enfin, il reprend aussi sur l’album le « Barracudas » de Gil Evans. Tout l’album est plus grave qu’à l’ordinaire, le rendant plus profond et même un peu dépressif par moment. Mais l’émotion ne fait que passer plus facilement, au finalement, alors que ce grand musicien explore cette ambiance et cette atmosphère de manière aussi accomplie.

Je me suis ensuite lancé dans un bon Blakey : « Free for All ».

C’est fois, alors que l’album suivait l’écoute d’un Wayne Shorter, cela m’a percuté. Art Blakey y possède autant de texture, voire davantage, mais celle-ci est presque toute canalisée dans les percussions et le rythme des morceaux. Dès l’ouverture, c’en est frappant : http://www.youtube.com/watch?v=HbogvQzDpxM (Il s’agit du morceau éponyme). Sérieusement, la complexité rythmique et la texture du jeu de Blakey sont simplement fascinants. Avec « Hammer Head », c’est encore le même effet, même si le rythme est plus lent, quoique plus enivrant ! Il faut par contre dire que les deux morceaux ont été composés par Shorter. Mais demeure que la batterie de Blakey est des plus magnifiques. Même s’il faut aussi mentionner qu’il est accompagné de grands talents, soit Curtis Fuller au trombone, Freddie Hubbard à la trompette et Reggie Workman à la basse, entre autres. Mais combien de groupes peuvent dire qu’ils ont un batteur qui vole la vedette, du début à la fin de l’album, et ce, haut la main ? Un autre morceau digne de mention serait « The Core », composé par Hubbard.

Je termine cet article par un album qu’on m’a désigné comme un incontournable du free jazz : « The Shape of Jazz to Come » d’Ornette Coleman.

En fait, avec son titre sans compromis et sa date de parution (1959), il s’agit de plus qu’un incontournable : il s’agit du point de départ et de la pierre de voûte de tout un style qui se développera par la suite. Ici, Coleman semble mettre à l’épreuve tout ce qui constitue le jazz : son rythme, ses harmonies, ses changements de mode, etc. Les harmonies sont son principal sujet. Alors qu’il n’y en a aucune de « conventionnelle » ou qui n’accroche pas l’oreille, en même temps, il se dégage de son sujet une logique bien présente et une sorte de beauté des sons, qui semblent s’assembler naturellement. Bref, il crée de nouvelles harmonies qui, certes, surprennent l’oreille, mais qui n’en demeurent pas moins, dans un sens et jusqu’à un certain point, harmoniques. Aussi, non seulement leur assemblage semble logique, mais également leur succession et leur évolution. Encore une fois, la mélodie surprend, parce qu’elle prend des chemins nouveaux et inexplorés, mais en même temps, elle fait du sens, elle demeure compréhensible et intelligible. Seulement, de manière différente. Pour vous faire une idée, ou même pour débuter dans la jazz d’avant-garde et le free jazz, prenez simplement quelques minutes pour écouter « Lonely Woman » : http://www.youtube.com/watch?v=DNbD1JIH344 .

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Toute une semaine ! – 174 jours, 160 albums

Je crois que c’est ma première absence de longueur significative sur ce blogue. Normalement, je dois le mettre à jour au maximum tous les 3 jours, même si souvent c’est aux 2 jours, parfois même quotidiennement. Et là, une absence de 6 jours ? Disons simplement que l’un de mes bons amis (pour ne pas dire le meilleur) est revenu d’un long voyage. Cette dernière semaine a donc impliqué des retrouvailles qui, eux-mêmes, ont impliqué nombre de choses : sorties entre amis, longues soirées qui se terminent aux petites heures, retrouvailles d’autres amis, bières de microbrasserie, parties de billard, scotch, cigare, parties d’échec, de risk et de jeux vidéos, shooters au gâteau aux carottes, et encore quelques bières. Je vous mentionne également que ma collègue de travail avait pris ses vacances la semaine même. Ce fut donc une semaine des plus mémorables.

Cependant, j’ai manqué un peu de temps pour me mettre à jour. Je n’ai pourtant pris qu’un album de retard sur mon avance ! Et je compte en écouter encore 1 ou 2 ce soir, toujours en bonne compagnie. Mais en attendant, je vous parle de « Bande à Part », le second album de Nouvelle Vague.

Encore une fois, un bon album de bossa nova qui reprend bon nombre de titres marquants de l’époque punk. « The Killing Moon » de Echo and the Bunnymen ouvre l’album avec ses airs enfantins, où on voit les lucioles voler dans l’air du soir. Tout de suite après, il y a le moment le plus fort de l’album : « Ever Fall In Love » des Buzzcocks ( http://www.youtube.com/watch?v=4op1esLn4mc ). Ah ! Que j’ai écouté ce morceau souvent, en boucle, sans jamais m’en lasser ! D’autres bons moments de l’album sont « Heart of Glass » et « Blue Monday », que j’apprécient énormément dans leur version originale. Ici, ces deux morceaux sont complètement transformés, laissant seulement derrière eux la beauté de leurs textes. Enfin, il y a aussi « Dance With Me » qui est aussi digne de mention.

Par la suite, ce fut le Mahavishnu Orchestra et son « Apocalypse ».

Après 3 albums sur une discographie aussi retreinte, je croyais avoir épuisé tout le potentiel innovateur du groupe. Et pourtant ! Ici l’album est merveilleux à cause de sa simple idée : une collaboration avec le London Symphony Orchestra. Alors, que ce passe-t-il ? On y mélange les trois genres musicaux les plus chers à mes yeux : le classique, le jazz et le rock. En plus, on ajoute des nuances de fusion et d’électronique, donc, que demander de plus ? Bon, certes, l’album n’est pas aussi prenant et émouvant qu’il n’y paraît au premier coup d’oeil; ni comme « Focus » de Stan Getz, ni comme du pur Gershwin. Cependant, l’idée elle-même est merveilleuse. Et comme le résultat est « ordinaire » dans une idée merveilleuse, le résultat ne peut être que merveilleux. Deux morceaux en particulier forment l’album : « Vision is a Naked Sword » et « Hymn to Him » ( Pour le second, Part 1 : http://www.youtube.com/watch?v=JCVnDx9e0zE ; Part 2 : http://www.youtube.com/watch?v=WzAIpCMl8Uo&feature=related ). Pour vous illustrer le premier, imaginez le jazz-rock infernal et vigoureux du groupe accompagné d’un orchestre symphonique. Le résultat tient en un seul mot et un seul signe de ponctuation : épique ! La seconde débute plus calmement, pour ensuite devenir plus énergique et même amener quelques rythmes funky. Pour le reste, je vous laisse en juger par vous-mêmes.

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Et de 200 ! – 180 jours, 165 albums

Aussi, j’en suis, depuis hier, à 200 albums d’écouter pour ce défi ! Je vous dois donc, lectrices et lecteurs, comme à l’habitude, un article spécial « Top # quelque chose ». Comme je n’ai pas encore trouvé le sujet de cet article à venir, ni le temps pour l’écrire, je vous fais patienter en vous parlant des 3 derniers albums que j’ai écoutés. Le premier est un autre des grands albums de Grant Green : « Oleo ».

Toujours avec sa guitare acoustique calme, posée et qui nous murmure à l’oreille, Green m’a fait vivre un autre beau moment de jazz. Il y reprend quelques standards, dont « Oleo », vous vous en doutez. Il y a aussi « My Favorite Things » qui clôture l’album. J’aime bien cette version adoucie par la guitare, surtout après celle puissante et désordonnée de McCoy Tyner (mais qui est tout aussi géniale !). Cependant, ma préférée de l’album demeure « Little Girl Blue », une merveille de calme et de relaxation, avec juste assez de hard bop et de soul/blues : http://www.youtube.com/watch?v=FSuxSCaVHo4 . Enfin, il y a également « Hip Funk », qui a en effet une petite drive funky, pour autant que puisse l’exprimer Green en demeurant entièrement « hard bop ».

Sinon, je me suis enfin décidé à écouter l’album plutôt controversé de Billie Holiday : « Lady in Satin ».

En rétrospective, je n’aurais peut-être pas dû commencer par cet album pour découvrir l’artiste. Enregistré en 1958, vers la toute fin de sa carrière, l’album nous fait entendre la voix fatiguée et brisée de la fameuse chanteuse de jazz. Jusqu’à un certain point, l’émotion passe plus purement, avec « I’m A Fool To Want You » par exemple : http://www.youtube.com/watch?v=Xs9P-pfqF6Y . Mais pour la plupart de l’album, la voix m’a semblé simplement raillée et même un peu désagréable par moments. Si vous y cherchez de la pureté, ce ne sera pas dans la voix que vous la trouverez. Pour le côté émotif par contre, c’est une autre histoire… Cependant, moi, elle n’est pas venu me chercher au coeur. Peut-être est-ce par manque de familiarité avec la chanteuse, ou parce que j’ai plus de difficulté avec cette époque du vocal jazz… D’ailleurs, les arrangements n’aident pas la cause, alors qu’ils m’ont semblé vieillis, et même un peu vides. Bref, ne commencez pas par cet album vous non plus.

Enfin, ce fut « Miles Smiles » du grand et intarissable Miles Davis.

On y retrouve Davis à la trompette, Shorter au saxophone, Carter à la basse, Hancock au piano, Williams à la batterie, et un peu de déception de ma part. Je m’attendais à un album plus orienté vers le hard bop, alors qu’il se dirige davantage vers le post-bop. Il faut dire que l’album est paru peu de temps avant « Filles de Kilimanjaro », et s’inscrit un peu dans la même lignée. On y sent le rythme plus sec et important, avec une atmosphère beaucoup moins développée que sur d’autres albums par exemple. Cependant, le post-bop n’est vraiment pas, à mon avis, le point fort de Miles. Ainsi, l’album me semblait être un entre-deux, un intermédiaire entre deux styles, deux époques de Miles et deux inspirations. On y sent le détachement vis-à-vis du hard bop, mais pas encore l’influence à venir du jazz rock. Par conséquent, j’ai eu l’impression que les morceaux manquaient de corps. Cela dit, il y a quand même « Footprints » qui en vaut bien la peine : http://www.youtube.com/watch?v=62p-CXrYmf4 . C’est, toujours à mon avis, le morceau le mieux réussi du style. Si seulement les autres avaient la même touche…

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Le Third Stream – 180 jours, 165 albums

Il existe un style de jazz que je devrais en définitive explorer davantage : le Third Stream. Qu’est-ce ? La sublimation elle-même, alors que le style mêle le jazz et la musique classique. Pour vous donner un exemple, voici « Focus » de Stan Getz et Eddie Sauter.

Le seul autre exemple de ce style que, pour le moment, je connais, c’est Gershwin. Ici, l’atmosphère est un peu différente, mais je fus tout de même et entièrement séduit par le résultat, dès les premières notes de « I’m Late, I’m Late ». Alors qu’Eddie Sauter y fait un arrangement musical plutôt modeste, Stan Getz y joue ses meilleurs moments de saxophone. Ce qui se dégage de ce morceau est difficile à transposer à l’écrit, alors que ça ressemble à une trame extrêmement complexe, mais complètement épurée. Le morceau s’ouvre avec quelques notes de violons qui attirent l’oreille, mais elle ne reviendront par la suite que discrètement. C’est plutôt le jeu sec et complexe de la batterie et son dialogue avec le sax qui auront le premier plan. Il y a aussi, naturellement, du piano. Bref, faites-vous une idée de ce chef-d’oeuvre : http://www.youtube.com/watch?v=vkvS7aaIgt8 . Ensuite vient « Her », et je tiens à dire que cela faisait longtemps qu’un morceau ne m’avait pas ému à ce point. Là, ce sont les violons lyriques qui prennent le dessus, mais toujours de manière calme et lente. Après, tout le reste de l’album fut un délice, avec « Night Rider » et son rythme plus soutenu qui m’a presque rappelé un western; « Once Upon A Time » qui ne peut que nous remettre en mémoire « The Sorcerer’s Apprentice » des deux Fantasia de Walt Disney, avec ses violons saccadés et impératifs, alors que d’autres passages du morceau sont beaucoup plus éthérés et m’ont littéralement pris au coeur; et enfin « A Summer Afternoon » qui, lui, rappelle un peu l’atmosphère de « L’après-midi d’un faune » de Debussy.

D’ailleurs, tout l’album rappelle Debussy et l’impressionnisme français du début du siècle. C’est le ton que semble avoir choisi Sauter pour ses arrangements orchestraux, qui mêlent même brillamment leur inspiration classique à l’effet expressionniste du Post-bop. On se retrouve donc avec un album tout en image et en impressions, avec des taches de couleurs brillantes et des émotions en nuage. En définitive, cet album se classe facilement dans mon Top 5 de ce défi, et même de mes albums préférés à vie. Il s’agit d’un des albums les plus émouvants, les plus géniaux, les plus complexes, les plus texturés, les plus satisfaisants et impressionnants que j’ai écouté de toute ma vie. C’est donc, à mon humble avis, un incontournable universel.

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Encore un peu de McLaughlin et beaucoup d’afrobeat – 183 jours, 169 albums

Emporté par la passion que j’avais ressentie en écoutant « Devotion », je me suis laissé tenter par un autre album de John McLaughlin. Cette fois-ci, c’était « Electric Guitarist ».

Ici, la première chose qui frappe, ce n’est pas la lourde guitare à la Jimi Hendrix, mais plutôt le violon sorti tout droit du Mahavishnu Orchestra. On sent que l’époque de ce groupe est bien terminée, mais on en sent toutefois encore toute l’influence sur le jeu de McLaughlin, qui semble avoir évolué et maturé depuis « Devotion ». De la même manière, on sent aussi quelques notes et passes à la Shakti, avec un brin d’émotion orientale par moments. Mais contrairement aux deux défunts groupes (même s’ils connaîtront une renaissance des années plus tard), l’album semble ne jamais s’emporter, demeurant toujours calme et habité d’une certaine discipline. Ainsi, il y a davantage de place pour les mélodies douces et un peu mélancoliques qu’aux morceaux enflammés et électrisants. Certes, il y a quelques passages traversés par la grande virtuosité du guitariste, mais l’ensemble demeure serein et posé. Je vous donne « New York On My Mind », afin que vous puissiez justement comparer la puissance du Mahavishnu Orchestra à la rectitude de cet album : http://www.youtube.com/watch?v=TOM-SgCoV6U .

Et hier, j’ai eu comme une nostalgie de Fela Kuti et de son « afrobeat » légendaire. Après m’être assuré que son style comportait suffisamment d’éléments de jazz pour faire partie intégrante de ce défi, je me suis lancé dans deux albums d’une grande importance et qui ont été joints ensemble. Je commence par le premier : « Confusion ».

Tout d’abord, j’adore la pochette de cet album. On peut y voir un policier noir, matraque à la main, en train de frapper ce qui ressemble à un singe ou à une bête intellectuel, habillé d’une cravate, d’un chapeau de diplômé et d’une soutane. Le tout, sur un fond chaotique aux multiples couleurs. Il n’est pas difficile de comprendre le message de Fela Kuti et son sarcasme… En fait, c’est que l’album est composé d’un seul morceau soit, vous l’aurez compris, « Confusion », d’une longueur légendaire de 25 minutes ( http://www.youtube.com/watch?v=yMgA22Biwfg ). Il s’ouvre avec un long passage paisible à la free jazz, où le silence est perturbé seulement avec l’orgue électrique de Fela Kuti et la batterie de Tony Allen. Puis, le rythme s’accélère un peu, avant que n’arrive la basse. Ensuite, ce sont les percussions et les cuivres qui se joignent au groupe, alors que la mélodie semble s’enflammée avec la signature de ce rythme si prenant de l’afrobeat. Plus loin, c’est l’habituelle tirade de Fela qui embarque. Malheureusement pour l’auditeur étranger, celle-ci est formulée en pidgin, l’anglais du peuple, rendant cette tirade politique, humoristique et sarcastique difficilement compréhensible. Mais ne vous méprenez pas : le choix de Fela est des plus honorables, et son choix ne saurait être autre. Toutefois, je trouve dommage de ne pouvoir partager la force et la vigueur de cette critique, de ne pouvoir sentir aussi bien ce sentiment et cette volonté de liberté qui traverse tout l’autre de cet artiste. Pour le reste, cet album/morceau est un incontournable du style, méritant un honneur égal à « Zombie » qui, vous le savez, est si cher à mon coeur.

Mais l’album est également, comme je le mentionnais plus haut, jumelé à un autre d’une importance et d’une passion tout aussi grande : « Gentleman ».

Encore une fois, la pochette de l’album et le morceau éponyme revendiquent la même critique : l’absurdité, dans le climat chaud et pesant du Nigéria, de porter les habits d’un gentleman anglais. Ici, la critique est plus gentille et humoriste qu’acerbe et poignante, mais elle laisse tout de même facilement transparaître celle à venir de « Zombie ». Toujours avec ces rythmes aussi envoûtants et typiquement africains, l’artiste et activiste politique tente de faire revenir ses auditeurs aux sources, et dit avec fierté : « I be no Gentleman at all. I be Africaman… original. ». L’album comporte également 2 autres morceaux, soit « Fe Fe Naa Efe » et « Igbe » qui véhiculent une fois encore cette forte énergie qui fait la marque de l’artiste africain.

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Le jazz et la musique noble – 187 jours, 172 albums

Je vous ai déjà dit, ou vous aurez sûrement compris, que le jazz peut toucher à un nombre immense d’autres styles musicaux. Cela compte également pour les plus nobles, à commencer par la musique classique, la souveraine de toutes les autres. Par ailleurs, je trouve que la culture en ce domaine me manque cruellement… Qui sait, peut-être un autre défi après celui-ci ? Bref, Gershwin fait partie de ces rares artistes à avoir jumelé non seulement la musique classique et le jazz, mais aussi avec le folk américain, inspirant par conséquent un grand nombre d’artistes du monde du jazz à venir, et même toute la communauté musicale. Le meilleur exemple en est les incalculables reprises de « Summertime », un éternel classique. Voulant rendre hommage à ce patriarche de la musique américaine, Herbie Hancock, une figure que je respecte énormément, a réalisé l’album « Gershwin’s World ».

Naturellement, cette tâche titanesque ne pouvait être réalisée toute seule. Hancock a donc fait appel à de nombreux invités, tels que Joni Mitchell qui lui prête sa voix, entre autres, dans « The Man I Love » ( http://www.youtube.com/watch?v=OVUISyIRCrU ), une mélodie remplie de frissons et d’élégance. On peut également l’entendre sur l’indispensable « Summertime », avec quelques visites d’un saxophone tenu par Wayne Shorter et complétées par l’harmonica de nul autre que Stevie Wonder. Ce dernier nous offre également sa voix et de la groove à revendre avec le standard « St. Louis Blues » si cher à mon coeur. Au milieu de l’album, on se retrouve alors en pleine Louisiane, avec le Mississippi qui coule juste à côté de nous et sa musique régionale si particulière, rappelant le voodoo. À d’autres moments, comme « It Ain’t Necessarily So », c’est davantage un jazz de l’époque du hard bop qui nous traverse, avec son lot bien rempli de soul et de notes blues. Et plus loin, on se dirige plus vers la musique classique à proprement parler, avec « Lullaby », le « Concerto For Piano And Orchestra In G, 2Nd Movement » de Ravel et le « Prelude In C# Minor » de Rachmaninov, mais qui est un peu réinterprétée, avec ses percussions africaines et son chant mystifiant, celui de Kathleen Battle. On en convient, le tout demeure néanmoins d’une délicatesse et d’une douceur extrêmes. Enfin, on peut aussi entendre Chick Corea réaliser un duo avec le grand Hancock sur « Blueberry Rhyme », alors que le piano de ce dernier traverse l’album en entier avec sa grâce et son génie. Bref, il s’agit d’une des plus grandes oeuvres d’Hancock, aux côtés de « Head Hunters ». Cependant, celle-ci transcende tous les genres et les styles, s’imposant presque comme un chef-d’oeuvre universel, rendant hommage à un artiste tout aussi universel.

Il y a un autre style que je considère d’une grande noblesse, aux côtés du jazz et de la musique classique : le rock. Attention ! Je ne parle pas de n’importe quel rock, mais bien du vrai et véritable, le pur ! Je parle de celui des Stones, des Styx, des Wings et des Jimi Hendrix de ce monde ! Celui habité d’une guitare lourde et sale, aussi électrique qu’électrisante, avec une batterie envoûtante et des solos à donner des frissons. Et avec « Devotion » de John McLaughlin, ce rock si noble rencontre le jazz de la plus impressionnante des façons.

Dès les premières notes de la guitare, doublées de la basse de Billy Rich, on sent la forte influence de Jimi Hendrix qui traversera tout l’album, d’un bout à l’autre. Ce jeu si particulier, résonnant, avec ses modulations psychédéliques et ses passes purement rock, fait la signature de l’album. Avec l’orgue de Larry Young, on se sent parfois plongé en plein trip d’acide au milieu des sixties. Paru en 1970, l’album pourrait en être la véritable emblème, de toute son effervescence. On sent bien le futur Mahavishnu Orchestra qui perce à quelques endroits, mais l’atmosphère n’atteint jamais la même stridence qui mène le groupe davantage vers le métal et tout le reste. Ici, on reste profondément ancré dans le rock psychédélique. Pendant toute la durée de « Don’t Let the Dragon Eat Your Mother », on a l’impression que la voix du légendaire Hendrix va surgir pour nous demander « Are you… experienced? ». On se délecte de la complexité de « Devotion », le morceau phare et d’ouverture de l’album (Part 1 : http://www.youtube.com/watch?v=W33rzuXYjmQ ; Part 2 : http://www.youtube.com/watch?v=hsNkfw4BssU&feature=related ). Et j’ai aussi bien aimé « Marbles », avec son rythme un peu plus rapide. Le défaut de cet album ? Il ne dure qu’une trentaine de minutes…

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Explosion d’audace – 188 jours, 174 albums

Je me suis laissé tenté par un autre album de Tony Williams : « Believe It ». Cette fois, il était crédité par The New Tony Williams Lifetime.

Voilà un véritable tour de force qui mélange sans hésitation le jazz fusion et un jazz-rock qui rappelle Mahavishnu Orchestra. La batterie très rock de Williams, un synthétiseur et une basse électriques bien rythmés, et sur le dessus une lourde guitare, dense et chargée d’énergie, celle d’Allan Holdsworth; bref tout pour faire un album inspiré et inspirant. « Snake Oil » est profondément ancré dans ce style, touchant même par moments au hard rock : http://www.youtube.com/watch?v=RW5pmgVuB5U . D’autres morceaux rappellent davantage Chick Corea et son Return to Forever, tels que « Fred » et le merveille « Wildlife », mon second préféré, avec leur atmosphères éthérée et leur synthétiseur en mode « vibraphone ». Définitivement un album marquant.

Je me suis aussi dit que cela faisait un bon bout de temps que je n’avais pas écouté de McCoy Tyner. J’ai remédié à la situation en écoutant « Echoes of a Friend ».

Qu’est-ce que c’est ? Un album complètement solo de ce pianiste hors de l’ordinaire. Il y mélange le free jazz et le Post-bop, tout en rendant hommage à son grand ami John Coltrane. Pour ce faire, il réinterprète à sa façon bien particulière « Naima », « Promise » et l’incontournable « My Favorite Things » ( http://www.youtube.com/watch?v=XKib8EXXbD4 ). Il joue également deux compositions originales, soit le long et complexe « The Discovery » et le marquant « Folks ». Si vous souhaitez voir le talent de cet artiste à son état pur, c’est cet album qu’il faut écouter. Mais attention, je ne le conseille qu’aux connaisseurs.

J’ai ensuite fait ce que j’appellerais un défi dans un défi : j’ai écouté « Mayor of Punkville » de William Parker & The Little Huey Creative Music Orchestra.

Pourquoi un défi ? Pour plusieurs raisons ! D’abord, par la longueur de l’album, celui-ci durant presque 2 heures et demie; ensuite, par le style de l’album, celui-ci associant free jazz et big band expérimental. Mais honnêtement, je m’attendais à quelque chose de plus cacophonique. Il n’en fut rien, ou peu s’en faut. Ou peut-être est-ce moi qui s’y fait une oreille ? Probablement les deux ! Tout cela pour dire que l’album se rapproche plus souvent de Charlie Mingus et de son style Post-bop aux ambiances tourmentées et impressionnistes, qu’à Sun Ra ou à Anthony Braxton. Il y a certainement des moments plus durs à écouter que d’autres, parfois même des longueurs, mais l’ensemble demeure structuré et logique, alors qu’il y a souvent un rythme et des thèmes reconnaissables qui se répètent. On peut également sentir une progression dans l’album et les morceaux, des montées dramatiques, etc. Certains morceaux sont même calmes et abordables ! Je pense à « Interlude #1 (The Next Phase) » ou à « 3 steps To Noh Mountain: Departure » qui est fort appréciable. Mais le clou demeure l’oeuvre complexe « The Mayor of Punkville » avec ses 30 minutes de long.

Enfin j’ai terminé ces derniers jours par « Night Train » d’Oscar Peterson, histoire de me relaxer un peu.

Long de ses 17 morceaux, l’album offre un bel aperçu du trio de Peterson, avec le piano, la batterie et la contre-basse. Il s’inscrit également dans le Bop, bien que je ne comprenne pas exactement bien pourquoi. Peut-être est-ce la structure plus rigide et le côté mon complexe et cérébral ? Il est vrai que cela rappelle les belles années plutôt que l’aspect soul et approfondi de « Kind of Blue »… Toutefois, cela n’empêche en rien Peterson de nous exposer son habituelle virtuosité. Bien au contraire ! Il s’en donne à coeur joie avec des classiques tels que le « Night Train » et le « C-Jam Blues » d’Ellington, ou encore « Georgia On My Mind » et « Bag’s Groove », parmi tant d’autres ! Mais je vous laisse avec le morceau éponyme, le meilleur, l’incontournable : http://www.youtube.com/watch?v=Dvc5tSqak2Q .

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Visite au FIJM – 190 jours, 178 albums

C’est hier que j’ai enfin pris le temps d’aller faire un tour à la 32e édition du Festival International de Jazz de Montréal : ce qui est maintenant une tradition. Après un bon souper au St-Hubert et un petit arrêt à la boutique du festival, où je me suis procuré un T-shirt et la carte des amis du festival, nous nous sommes enfin dirigés vers les scènes pour un peu de musique. Nous nous sommes d’abord assis devant Alex Winston, vers 21h. On l’y présente comme un excellent guitariste qui joue du blues aux fortes influences rock. Dès les premières notes, c’est impossible de le démentir. Accompagné à la basse et à la batterie par ses deux frères, il passe facilement de moments plus rythmés et plus rock, à des moments plus doux et langoureux, toujours avec le blues qui demeure à l’avant-scène. Aussi, il nous expose une virtuosité qui laisse bouche-bée d’étonnement. Maîtrisant parfaitement son instrument et se démenant sur scène avec rythme, il me faisait penser à Brian Setzer par son énergie. Certainement, il s’agit d’un bluesman qui en vaut le détour.

Ensuite, après avoir écouté Marco Calliari chanter la mystique « Bella Ciao » et terminer son show de 21h, nous avons assisté à la merveille qu’est Alex Pangman. Sur une scène modeste, accompagnée d’un pianiste, d’un contre-basse, d’un batteur et d’un clarinettiste (qui troque parfois son instrument pour un saxophone), cette chanteuse nous expose les merveilles du vocal jazz des années 30. Comme j’ai été hypnotisé par son talent et que j’ai assisté au spectacle dans son entièreté, je le compterai comme un album. Après avoir écouté du vocal jazz à la voix féminine sur des enregistrements à la qualité parfois passable, cela faisait grand bien d’écouter une voix fraîche, et de voir, live, les musiciens jouer de leur instrument. On entendait à la perfection les quelques notes du piano, les doigts talentueux du contre-bassiste, et surtout la voix claire et remplie de virtuosité du clarinettiste. La voix d’Alex Pangman, quant à elle, mêlait les influences jazz, blues et soul pour un véritable délice. Elle nous chanta les classiques « St. Louis Blues », le touchant « Stardust » et le un brin comique « You Got The Right Key, But The Wrong Keyhole », avec quelques orginaux tels que « As Lovely Lovers Do ». Par moments, on avait le goût de swinger et de danser joyeusement. Par d’autres, on avait le goût de se coller et de danser un jolie slow avec une belle demoiselle. Bref, pendant une heure, on a eu bien du plaisir. Aussi, elle nous a beaucoup vanté son dernier album, « 33 », que je ne me suis malheureusement pas encore procuré, mais qui fera sûrement partie de mes prochaines acquisitions…

Enfin, nous avons terminé la soirée avec quelques chansons du spectacle de 23h de Marco Calliari. Quelle énergie ! On avait le goût de claquer des mains, de sauter et de danser avec les musiciens. Cependant, après une vingtaine de minutes, nous avons repris le métro, histoire de rentrer chez soi, et de dormir un peu.

Et ce matin, je me suis levé avec « Into Somethin' » de Larry Young.

Ah ! Quel bonheur que de se lever avec la douce sonorité de l’orgue de Young ! Avec le rythme lent d’Elvin Jones, la guitare de Grant Green et le saxophone discret de Sam Rivers, il s’agit d’un autre samedi matin paresseux. Young y joue tranquillement, mêlant le hard bop et les influences soul, inévitables avec son instrument. On y sent également une part d’avant-garde, probablement due à l’exploration et à l’improvisation modale que j’ai encore beaucoup de difficulté à comprendre et qui est inspirée de Coltrane. Je vous fais écouter « Paris Eyes », mais tous les morceaux s’équivalent un peu : http://www.youtube.com/watch?v=inLER4kMUWc .

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