Archives de septembre 2011

Maintenir le rythme – 101 jours, 89 albums

Je m’y tiens encore, à ces deux albums par jour. C’est pourquoi j’en écoute un en écrivant sur les 4 autres que j’ai écoutés ces 2 derniers jours. Commençons par « Full House » de Wes Montgomery.

J’avais grand manque d’un album et d’un artiste comme celui-là : calme, un peu silencieux, avec le son discret de la guitare acoustique en accompagnement. En fait, l’album n’avait rien d’extraordinaire, et je crois que c’est précisément ce qui le rend si remarquable. Sans de tels albums, qui ont une finesse presque effacée, comment pourrais-je relaxer un peu dans un tel défi ? Parfois, on n’a ni le goût de fusion, ni de swing, et encore moins de free jazz ! On a simplement envie d’un petit album, tout doux, qui s’écoute sans effort. « Full House » fait partie de ces albums. Cela dit, faites attention ! Ce n’est pas le cas de tous les albums de Wes Montgomery : d’autres sont, en plus, empreints d’un génie remarquable.

Et pour un peu plus d’énergie et de rythme, et parce qu’il me titillait d’écoute cet album depuis déjà un bon moment, j’ai poursuivi ma journée avec « Femi Kuti », l’album éponyme du fils du grand Fela Kuti.

Et je dois dire que le fils est bien digne du nom du père ! Il lui rend justice du début à la fin de cet album, avec des airs bien rythmés remplis de percussions, des paroles accrocheuses et scandées comme des incantations, et une influence plus grande tirée du jazz. Il en résulte même, il me semble, des morceaux encore plus hypnotiques et fascinants, auxquels il m’a semblé être plus proche. Certes, on ne peut détrôner, dans le monde de l’afro-beat, cette légende qu’est Fela. Mais disons simplement qu’à l’écoute de « Frustations » ou de « Survival » ( http://www.youtube.com/watch?v=PF4pzjyWjwM ), on comprend que Femi sait bien se défendre et nous faire vivre une expérience, mentale et physique, aussi intense que son père sait le faire.

Et hier, c’était par le « A.R.C. » de Chick Corea que je me suis laissé tenter.

Mais avec cet album-ci, j’ai été bien déçu. Je m’attendais à quelque chose d’aussi stimulant et d’aussi enrichissant que le groupe Circle. Il n’en fut pourtant rien. J’avais davantage l’impression que les différents artistes qui y ont collaboré exploraient le chaos, et l’agencement des sons, mais sans plus, sans structure, et surtout sans réel génie ni révélation. Là, je comprends un peu mieux pourquoi Corea a changé de style. Et je dois dire que c’est bien la première fois qu’il me déçoit.

Et en me rendant à une sortie tranquille entre amis, j’ai fini d’écouter le fameux « Nefertiti » de Miles Davis.

C’est un autre album que je souhaitais écouter depuis un bon moment, étant donné son importance dans l’oeuvre générale et le parcours de Davis. Il se situe dans toute la motion de « Filles de Kilimanjaro » et de « In a Silent Way » qui mèneront par la suite au fusion si caractéristique et influent de l’artiste. Mais comme ses frères, il demeure purement acoustique, explorant une ambiance pourtant bien différente du hard bop et du post-bop, avec une atmosphère un peu vide et silencieuse, où les différents instruments flottent tranquillement, presque dans le lointain. On sent que le rythme, aussi, est différent. Sans pouvoir dire qu’il a une influence rock ou autre, on sent pourtant qu’on n’est plus dans les temps traditionnels, que quelque chose d’entièrement nouveau et étranger se forme. Cependant, on n’a pas l’impression que l’album se situe entre deux styles. J’ai plutôt eu celle que l’album avait son style bien à lui : un style nouveau, révélateur et intriguant. Il m’a semblé, au contraire de « In a Silent Way », que l’album se satisfaisait à lui-même, et qu’il était accompli, à lui seul. Les meilleurs moments sont sans doute « Fall » et le très stimulant « Pinocchio » : http://www.youtube.com/watch?v=nDOKf528fOE .

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Deux par deux – 103 jours, 92 albums

Hier encore, c’était 2 albums d’écoutés. Le premier était « Hub-tones » de Freddie Hubbard.

Étant un album de début de carrière, il est moins exploratoire et audacieux que « Straight Life » ou que « Red Clay ». Toutefois, on le sent fortement influencé par le post-bop naissant, qui étendait alors tranquillement ses tentacules dans l’imaginaire des jazzmen. Et surtout, il a déjà le jeu fébrile et spontané qui fait la signature de Hubbard. Écoutez le morceau éponyme, et vous me comprendrez : http://www.youtube.com/watch?v=GdOuPDLvO7I . On y sent déjà, en gestation, le génie qu’il deviendra quelques albums plus tard, et l’influence importante qu’il aura bientôt sur le jazz fusion. Et pour enfoncer le clou et vous convaincre un peu davantage, je vous invite à aussi écouter « For Spee’s Sake » (à vous de chercher…) qui, l’air de rien, cache quelques joyaux.

Et j’ai terminé ma soirée avec « Bodies and Soul » de Manhattan Transfer, un groupe que j’avais mis de côté depuis bien longtemps.

Et avec un peu plus d’expérience dans le monde du jazz, je peux dire franchement que maintenant, je sais mieux apprécier ce genre de groupe. En effet, la flexibilité et la virtuosité de la voix des chanteurs démontrées dans plusieurs morceaux sont simplement épatantes. Si faire parler un saxophone ou une trompette est un exploit, imiter un saxophone avec sa voix me semble être un exploit encore plus grand. « Down South Camp Meeting », l’exemple le plus marquant de l’album, m’a tout simplement laissé bouche-bée du début à la fin. Sinon, le côté pop tiré directement des années 80, avec la signature à la fois rétro et avant-gardiste du groupe, et aussi avec son aspect mystérieux, s’exprime dans toute sa splendeur dans des morceaux comme « American Pop » et « Mystery ». Mais la palme revient vraiment à « Spice of Life », avec son rythme R&B et ses paroles d’un romantisme et d’un cliché extrême :

Tonight, let’s taste the spice of life
A little music and some candlelight
Put passion in control
And let the lovin’ flow

Je vous mets le lien : http://www.youtube.com/watch?v=_6wI4wYxk5Q .

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Un dernier sprint ? – 104 jours, 95 albums

Et pourquoi pas ?

Je vais essayer (je dis bien essayer) d’écouter, à partir de maintenant, en moyenne 2 albums par jour. La première raison : j’aimerais bien terminer ce défi plus tôt que prévu, et de manière significative. Je pourrai ainsi me targuer de m’être dépassé moi-même. Le seconde raison : je souhaiterais me pratiquer un peu pour mon hypothétique prochain défi, et voir ce que cela donnerait d’écouter 2 albums par jour. Est-ce vraiment plus demandant qu’un seul ? Je verrai bien…

Et donc hier, j’ai écouté un autre album de Sun Ra, soit « Lanquidity ».

Disons que « Sound of Joy » m’a laissé sur ma faim, en ce qui concerne de nouvelles découvertes déstabilisantes. Un second album presque de suite de l’artiste s’imposait donc. Et je n’en fus pas entièrement satisfait, mais j’en fus certes moins déçu. En effet, l’album touche beaucoup plus au jazz d’avant-garde et est beaucoup plus exploratoire que « Sound of Joy ». Toutefois, il ne tombe pas dans un chaos total comme dans le dernier morceau d' »Atlantis ». Il m’a donc semblé être très stimulant intellectuellement, sans pourtant être repoussant à l’écoute. Je veux dire, ça reste de la musique. Et ça peut s’écouter comme de la musique. Bref, c’est du free jazz et du jazz d’avant-garde logiques, et qui font du sens. La signature de Sun Ra est donc surtout axée sur sa manière d’explorer la musique, et surtout sur les instruments, les sons et les ambiances qu’il emploie. On entend les échos… On savoure les petits sons électros… et éloignés… comme un peu éthérés… On est transporté dans un autre monde qui, pourtant, conserve quelques aspects familiers. J’y vois quelques influences de Pink Floyd et d’autres groupes psychédéliques… Le premier morceau, éponyme, en est le meilleur exemple : http://www.youtube.com/watch?v=rf-OxkoTNp4 . Mais il y a aussi « There Are Other Worlds (They Have Not Told You Of) » qui est bien particulière. Elle donne quelques frissons de peur et d’angoisse, avec son rythme qui imite une marche lente, avec ses voix désincarnées qui évoquent des spectres, et avec ses quelques sons de vieux film d’horreur ou de science-fiction. Bref, j’ai vécu quelques émotions de plus à l’écoute de cet album qu’au précédent.

Et j’ai accompagné cet album de « Third » du groupe Soft Machine.

À l’instar d’autres albums de jazz-rock tirés de l’univers du rock (au lieu des jazzmen qui se penchent vers le rock), « Third » est sérieusement surprenant. En fait, c’est qu’il ne s’agit pas d’un album typiquement de jazz-rock. Il s’agit plutôt d’un album expérimental et s’inscrivant davantage dans la vague du art rock, mais garni d’une forte influence du jazz et du fusion. Avec ces quatre morceaux (sur l’album original) qui durent chacun près de 20 minutes, le groupe a entièrement le temps d’explorer en douceur et dans les détails les différents thèmes qu’il s’impose. « Facelift » et « Moon in June » en sont les plus accomplis. Le premier est peut-être exigeant à l’écoute, mais il offre une profondeur et une complexité très satisfaisantes. Le second morceau, quant à lui, se dirige plus vers le rock et l’art rock, avec des paroles éthérées à la Pink Floyd (encore une fois), et des thèmes plus doux et simples, plus accessibles, même si, après ses 20 minutes, le groupe y a exploré plusieurs thèmes et émotions différents. Sur le disque bonus, contenant, entre autres, des alternate take live, « Esther’s Nose Job » vaut aussi bien le détour.

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Free jazz… conservateur – 105 jours, 97 albums

Cela faisait un bon moment que je n’avais pas écouté ni un album de Pharoah Sanders, ni un de Sun Ra. J’ai donc profité de ma fin de semaine pour en écouter un de chacun. J’ai débuté par « Live at the East », du premier artiste.

Me souvenant de son album « Karma » et de son morceau fleuve et chaotique « The Creator Has a Master Plan », je m’attendais à un autre album puissant, révélateur et quasi initiatique. Toutefois, bien qu’ayant certaines de ces caractéristiques, il est demeuré un peu moins imposant, et plus calme et mesuré. Mais rassurez-vous : l’ambiance y demeure à peu près la même, avec ses clochettes en arrière-plan qui créent un certain mysticisme et qui peignent une toile de fond sur laquelle le saxophone joue des notes longues et langoureuses. La complexité des sons ambiants demeure aussi grande, alors que Sanders tombe moins souvent et moins férocement dans un chaos certes révélateur, mais pouvant pourtant être apeurant pour le néophyte de l’artiste et du style. Ainsi, « Live at the East » est plus relaxante. En fait, je trouve qu’il s’agirait d’un album idéal pour méditer. Peut-être n’arriverez-vous pas à faire le vide avec cette musique et cette structure libre et parfois éclectique, mais je n’ai par contre aucun doute que votre esprit s’ouvrira un peu plus au son de cette musique.

Ensuite vint « Sound of Joy » de Sun Ra.

J’avais été époustouflé par « Atlantis », avec son côté exploratoire tellement intense que j’en venais même à me demander s’il s’agissait encore de musique ou si cela se rangeait plutôt du côté du son et du bruitage en tant que tel. L’expérience que m’offrit « Sound of Joy » fut complètement différente. Opposé d’un bout à l’autre du premier album, celui-ci est plutôt ancré dans le swing et bop. Bien sûr, il y a quelques variantes, au niveau de la souplesse de la structure et de la liberté des improvisations, mais le tout demeure étonnamment structuré pour Sun Ra et tout ce que j’avais lu sur lui. Chaque morceau a ses thèmes bien reconnaissables, un rythme, et même une évolution et une progression ! Bref, il s’agit d’un album moins surprenant que ce à quoi je m’attendais, mais offrant néanmoins, à le survoler une seconde fois, une complexité assez riche. Je crois donc qu’il mériterait de ma part une seconde écoute pour mieux en déceler les innovations, bien qu’elles y soient plus subtiles.

Et hier, en me rendant à un colloque sur la conscience à l’Université de Montréal, j’ai mis dans ma voiture « Bedlam Ballroom » des Squirrel Nut Zippers.

Ce groupe-là aussi, ça faisait longtemps que je ne l’avais pas écouté. Mais quoi de mieux pour commencer une journée trop matinale accompagnée d’un réveil difficile qu’un peu de rétro-swing ? Surtout avec « Bedbugs » ( http://www.youtube.com/watch?v=o1Ycx0nfuKA ) et son rythme endiablé aux influences cubaines ! Encore une fois, le groupe mêle les ambiances dynamiques, comme le morceau que je viens de nommer, avec les ambiances plus posées et romantiques, telles qu’avec « It All Depends » et « Hush ». Le morceau éponyme de l’album est aussi fort appréciable.

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De retour d’une fin de semaine de canot-camping – 105 jours, 97 albums

Une fois ces trois albums écoutés, les préparatifs de dernière minute terminés et le tout chargé dans la voiture de mon ami, nous sommes partis, armés d’une carte aux indications confuses et trop nombreuses, vers environ 22h, pour la rivière Matawin ! Heure d’arrivée ? 1h30 du matin ! Le reste, c’est une aventure de deux jours traversée de nuits avoisinant les 0°C passées dans un sac de couchage mal isolé, de moments de paix et de silence sur une rivière calme dans un décor commençant à rougir timidement, de moments d’action et d’adrénaline alors que l’on traversait à toute vitesse des rapides longuement étudiés sur la berge, en criant des ordres confus et en tentant de retrouver et de tenir le trajet qu’on devait emprunter entre les rochers, et qui s’est terminée avec une ride de 25 km de vélo pour remonter la rivière et regagner la voiture. Bref, une fin de semaine des plus mémorables.

Et cette semaine, pour me remettre dans l’ambiance de ce défi, j’ai commencé avec 2 albums de Charlie Mingus, un artiste qui me manquait grandement. Le premier : « Jazz Portraits: Mingus in Wonderland ».

Cette structure post-bop, ce jeu élastique et impressionniste aux images colorées : je m’en ennuyais grandement. Pour mon bonheur, ici, Mingus emprunte moins une ambiance sombre et tourmenté, mais semble peindre un monde plus gai, pourtant tout aussi expressif. Quoique cet album à quelques lacunes. Certes, les morceaux « Nostalgia In Times Square » et « Alice’s Wonderland » pourrait bien valoir l’album à eux seuls. Cependant, les deux autres, soit la réinterprétation de « I Can’t Get Started » ainsi que « No Privacy Income Blues », m’ont laissé plus froid, manquant d’originalité et de punch. Il leur manquait la signature mythique de Mingus, cette emprunte si caractéristique et éblouissante qui a fait la marque de cet artiste. Toutefois, l’album fut bien appréciable dans son ensemble, même s’il m’a laissé sur ma faim.

C’est pourquoi j’ai poursuivi avec « Charles Mingus Presents Charles Mingus ».

Et j’y fus davantage satisfait. J’avais plus l’impression d’être dans les racines de Mingus. Des morceaux excitants et accomplis comme « Folk Forms No.1 » et « Original Faubus Fable », il y en a peu ! Le premier offre à la fois une complexité et une élasticité incroyables, tout en demeurant bien ancré dans la tradition du hard bop. On arrive donc à bien se tenir à nos points de repère, même si Mingus nous pousse à aller plus loin, mais toujours à gardant une main, parfois tendue, sur le hard bop. Ainsi, il fait ce qu’il sait faire de mieux : il semble réinventer le jazz, ses formes et sa structure, mais tout en demeurant bien jazz, au sens fort du terme. Pour « Original Faubus Fable », par contre, il a aussi quelque chose de plus : une critique bien verte dédiée au gouverneur Faubus, qui était contre l’intégration des noirs aux écoles. Le chant des artiste y est un délice, alors que le thème est tourmenté et un brin lugubre. On a l’impression d’assister à une messe noire où un mauvais sort sera jeté à des membres du Ku Klux Klan. En même temps, l’ironie traverse le morceau, faisant un contre-poids efficace et auto-dérision à cette ambiance, comme avec la ritournelle/comptine : « Two, four, six, eight: They brainwash and teach you hate. » ( http://www.youtube.com/watch?v=LtwxJJkMUF8 ). Bref, l’album en est autre bien réussi de l’artiste, qui mérite amplement d’être dans la bibliothèque de ses fans.

Et j’ai terminé ma semaine avec « Parole e Musica » de Helen Merrill.

Entrecoupé de passages en italien, cet album nous offre quelques incontournables standards du vocal jazz avec une voix des plus douces et touchantes. Et à l’écoute de ces morceaux et de ce chant, j’ai compris quelque chose : quand il en vient au vocal jazz et à la réinterprétation de ces classiques, on ne peut qu’aimer ou ne pas aimer. Cela se révèle être quelque chose de très personnel, et l’impression qu’on en a se rapproche de celle que l’on pourrait ressentir en écoutant du blues. À travers cette musique si centrée sur la voix de l’artiste et utilisant toujours les même thèmes, c’est l’âme même du chanteur ou de la chanteuse qui perce. Ressemble-t-elle à la vôtre ? Touche-t-elle la vôtre ? J’imagine que, jusqu’à un certain point, cela demeure propre à chacun. Helen Merrill, elle, a touché mon âme. Elle interprète avec émotion et profondeur des poèmes chers à mon coeur tels que « You Don’t Know What Love Is » ( http://www.youtube.com/watch?v=BBjC6VY3qMA ) et « These Foolish Things », entre autres. Et avec les passages (incompréhensible pour moi) en italien, cela ne fait qu’ajouter au charme romantique de l’album.

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Vers une fin de semaine de canot-camping – 108 jours, 100 albums

C’est la semaine dernière que mon ami m’a convaincu d’aller faire une fin de semaine de canot-camping au nord du Mont-Tremblant. Après quelques orages et des averses bien fournies durant le début de la semaine, la rivière Matawin était de nouveau praticable ! Comme il s’agissait du seul endroit à moins de 3 heures de route qui permettait encore de louer des canots à ce temps-ci de l’année, nous attendions depuis près de 3 semaines qu’il pleuve suffisamment pour remplir le lit de cette rivière inconnue et reculée. Une fois la nouvelle annoncée, je me suis empressé d’écouter 3 albums le vendredi même, avant mon départ, afin de compenser pour le manque des 2 jours à venir. Mais avant, durant la semaine, j’avais déjà écouté « Love Devotion Surrender » avec John McLaughlin et Carlos Santana.

Deux sommités de la guitare électrique qui se joignent ensemble : voilà qui promet. Et je ne fut pas déçu ! Cet album est une véritable épopée psychédélique et spirituelle que nous fait traverser ces deux légendes avec, entre autres, deux morceaux d’une profondeur incroyable tirés du répertoire de John Coltrane : « A Love Supreme » et « Naima ». En effet, quoi de mieux pour inspirer ces deux artistes flamboyants ? À l’écoute du thème du premier morceau mesuré par l’orgue de Larry Young, mes yeux se sont ouverts par la fascination. Lorsque les deux guitaristes se joignent pour incanter (c’est bien le mot) : « A love supreme, a love supreme… », je n’ai pu résister à quelques frissons qu’il m’ont traversé l’âme d’extase : http://www.youtube.com/watch?v=7c9g7Gzg9Ew . Avec les autres morceaux, on explore toujours le lien étroit qui lie le rock psychédélique, le jazz-rock et le mysticisme/spiritualisme. « The Life Divine » déborde d’énergie avec ses solos infernaux, et le long « Let Us Go into the House of the Lord » est une véritable expérience en lui-même. Bref, un lecteur assidu a bien fait de me le recommander.

Et pour les trois albums de suite ? J’ai commencé ma journée de travail avec « Two of a Mind » avec Paul Desmond et Gerry Mulligan.

La musique de cet album est si douce et calme, posée et claire, qu’elle est aussi relaxante que le silence, en plus rythmé. Il s’agit d’un son si léger et discret qu’il semble qu’on ne l’entend presque pas. Attention, il s’agit ici d’une qualité ! Il m’a fait grand bien de me plonger dans un album aussi aérien. Cela dit, je n’ai retenu en particulier aucun morceau, puisque j’ai surtout eu l’impression que l’album s’écoutait de lui-même, sans interruption ni changement, comme un tout continu, comme une rivière qui s’écoule lentement. Voilà.

Et j’ai poursuivi avec « Sarah Vaughan in Hi Fi ». Vous aurez deviné l’artiste…

Celui-ci aussi est passé plus discrètement. C’était peut-être cette voix calme et suave, ou peut-être la charge de travail quasi insurmontable qui se posait devant moi, mais reste que j’ai dû écouter l’album d’une oreille plus distraite, apparemment. Néanmoins, je peux affirmer que, sur cet album-là non plus, la voix de cette chanteuse n’est pas restée dans mon oreille. Certes, l’album était appréciable, mais sans plus.

Et j’ai terminé ma journée de travail avec « It’s Uptown » de George Benson et son Quartet.

Dès les premières notes grattées sur la guitare, mon oreille, là, s’est redressée d’un seul coup. On ne peut demeurer indifférent à ce rythme rapide et funk, à ce jeu de virtuose sur l’orgue et la guitare acoustique. Trop de morceaux y sont appréciables, trop d’énergie se dégage de cet album pour qu’il reste inconnu et ignoré. Malheureusement, comme je travaillais également, je devrais réécouter l’album pour vous témoigner, par leur nom, des morceaux les plus marquants. Mais déjà, sans hésitation, il y a, parmi tant d’autres, le morceau d’entrée, « Clockwise », et le chant de Benson sur l’incontournable classique « Summertime ».

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Sur les derniers miles… – 108 jours, 100 albums

Je me suis toujours dit, depuis le début de ce défi, qu’une fois arrivé aux 100 derniers albums, le reste serait facile. J’aurais alors acquis une certaine routine, j’aurais quelques albums bien engrangés attendant d’être écoutés, et la volonté d’enfin terminer ce défi et de voir les derniers albums s’écouler à vue d’oeil serait alors suffisante pour me pousser sur les derniers miles et vers la ligne d’arrivée. M’y voici enfin.

Pourtant, vous aurez remarqué que ma discipline s’émousse. Vous n’êtes pas les seuls ! Bien qu’ayant repris en bonne partie l’avance que j’avais acquise, je semble stagner, et avancer de manière irrégulière; tant pour les albums que pour les mises à jour de ce blogue. Le temps semble me manquer davantage pour écouter mes albums et faire les recherches nécessaires, ainsi que la concentration, parfois, pour bien les apprécier et les évaluer. Pour le blogue, c’est plus souvent la volonté qui est déficiente, et j’arrive plus facilement à mettre l’écoute du jazz devant son écriture et sa critique. Je tiens à m’en excuser, chers lecteurs. Je sais que certains d’entres vous sont assidus, et peut-être même impatients par moments…

Cela dit, je suis bien résolu à continuer et à poursuivre jusqu’au bout. Ce défi m’a déjà tant amené ! Le jazz fait désormais partie de mon quotidien, ainsi que, par extension, la musique et la découverte régulière de nouvelles expériences. Je vois comme un impératif de conserver, dans ma vie et ma routine, ces deux derniers aspects de ce défi, même une fois les 365 albums écoutés. Sérieusement, je me réjouis de savoir que, tous les jours (ou peu s’en faut) depuis près d’un an, j’ai découvert quelque chose de nouveau, que j’ai vécu une nouvelle expérience. Pourtant, ce n’est pas grand chose, seulement 45 minutes dans une journée, en conduisant, en lisant, en mangeant ou même en travaillant ! En fait, c’est même presque rien ! Imaginez : lire un livre par jour ? ou regarder un film par jour ? Mais quelle folie ! À côté, écouter un seul petit album dans sa journée semble être un jeu d’enfant… Et pourtant, on se lance néanmoins dans l’inconnu à chacun des albums qui fait jouer sa musique, pour la toute première fois, à nos oreilles… C’est un autre monde. En fait non : C’EST le monde ! l’homme ! et tout ce qu’il a à offrir de merveilleux, de grand et de méconnu ! De savoir tout ce que le monde nous cache dans les entrailles pourtant si circonscrites du jazz me donne un espoir immense sur tout ce que le reste du monde a encore à offrir, et me fait rêver à tout ce que je pourrai encore vivre.

En fait, il me semble que mon année aurait été bien sombre et ennuyante sans le « Head Hunters » d’Herbie Hancock et le « Kind of Blue » de Miles Davis; sans le monde enchanteur et surréaliste de « The Mad Hatter » de Chick Corea ou l’ambiance sombre et tourmentée de Mingus; sans les accords anguleux et stimulants de Monk, ni les nouvelles harmonies intrigantes d’Ornette Coleman; sans la découverte électrisante de Weather Report ou relaxante du fameux « Take Five »; sans le défi intellectuel et auditif du free jazz, ni la récompense de découvrir le jazz-rock et ses variantes. C’est que de découvrir un album comme « Focus » de Stan Getz éclairera toute votre journée et vous fera frissonner par la même occasion, et que de découvrir « Universal Consciousness » d’Alice Coltrane ou un artiste comme Pharoah Sanders avec « Karma » le lendemain vous fera presque vivre un voyage initiatique et changera ainsi, en partie, votre perception du monde et de vous-mêmes.

C’est pourquoi, une fois ce premier défi achevé, je suis de plus en plus résolu et tenté de me lancer dans un deuxième défi du même genre, et peut-être même dans un troisième par la suite… Qui sait ? Et ce ne sont ni les idées, ni les envies qui manquent ! Pourquoi pas quelque chose portant sur la musique classique ? Ou si je décidais plutôt d’écouter les « 1001 albums qu’il faut avoir écoutés dans sa vie » en l’espace de deux ans ? Un album et demi par jour, ça me semble réalisable. J’ai aussi un autre livre dans le même style,  mais portant sur 1001 films à voir… Par contre, avec lui, un certain problème de logistique se pose : est-ce que j’écoute les films dans un délai raisonnable, soit 1 film par jour sur 2 ans et demie, ou à une cadence raisonnable, soit 2 films par semaine sur 10 ans ? Surtout que certains films dépassent les 3 heures, dont quelques uns qui atteignent les 9, 10, voire même 11 heures ! À titre d’exemples, je vous donnerai « Shoah » et la trilogie du « Seigneur des Anneaux », qui compte pour un seul film. Donc, il faudra voir…

Mais bon, pour le moment, il faut encore que je termine ce défi, et que je vous livre quelques articles bien dus !

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Nouvelle visite du third stream – 119 jours, 107 albums

Hier et aujourd’hui, je me suis tapé quelques autres albums de third stream. Le premier était « Together Again: Live at the Montreux Jazz Festival ’82 » de The Modern Jazz Quartet.

Encore une fois, il y avait sur l’album cette petite ambiance raffinée, doublée d’un vibraphone, histoire de donner un côté aérien à cette musique. Toutefois, comme le premier album que j’ai écouté du groupe, le style tire davantage faire le cool que vers le third stream ou la musique classique. Le groupe y présente plutôt quelques morceaux qui ont fait sa gloire, ainsi que quelques autres nouvelles compositions. D’ailleurs, « Django » a particulièrement retenu mon attention, se révélant comme un morceau très appréciable. Voici l’une de ses nombreuses interprétations faites par le groupe : http://www.youtube.com/watch?v=EEg12c7Eu18 . Sinon, « The Martyr » est aussi très intéressante, avec ses airs de comptine relaxants, ainsi que « Monterey Mist » et son rythme plus soutenu.

Je me suis ensuite dit que je m’ennuyais de Larry Young, l’organiste. J’ai donc mis « Mother Ship ».

Encore une fois sa fougue et son style bien particulier à la post-bop m’ont charmé. Surtout avec « Trip Merchant » et son ambiance exceptionnelle, un peu éthérée et spatiale, et sa complexité et texture surprenantes. Il y a aussi l’accrocheur, rythmé et complexe « Street Scene » qui est fort agréable. Et pour le reste de l’album, il s’agit de post-bop, avec juste une touche d’audace et d’originalité, sans compter l’orgue légendaire de Young.

Pour ensuite revenir vers le third stream et ses relents de musique classique, je me suis tourné vers « Plays Debussy » de Jacques Loussier.

J’aime de plus en plus cet artiste, et j’adore déjà depuis longtemps Debussy. Cela s’est donc révélé un excellent choix pour mon dimanche matin. Cependant, Debussy semble vouloir moins bien se mêler au jazz. En fait, ni le rythme ni l’émotion ne semblent suivre. L’album demeure donc, en grande partie, de la musique classique, réinterprétée avec un piano, une contre-basse et une batterie. Le résultat n’en est pas moins exceptionnel, à mon avis. Des morceaux comme « Clair de Lune » et « La Cathédrale Engloutie » y trouvent définitivement leur compte et arrivent à très bien s’exprimer. Même que l’effort de Loussier à vouloir les rendre plus jazzy semble donner aux morceaux une élasticité qui se marrie bien au ton impressionniste si propre à Debussy. Mais le meilleur morceau demeure la réinterprétation de l’indéniable et indémodable classique « Prélude à l’après-midi d’un faune ».

Et j’ai terminé ma journée avec « The Jazz Workshop » de George Russell.

Cette fois, c’était véritablement du post-bop. Je dois même dire qu’il s’agissait de très bon post-bop. Je pense entre d’autres à « Ye Hypocrite, Ye Beelzebub » ou à « Jack’s Blues » qui s’expriment avec une complexité et une texture remarquables, tout en demeurant terre-à-terre et accessible. Mais c’est « Livingstone I Presume » qui, en définitive, m’a le plus plu.

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Dure semaine, 120 jours, 111 albums

Comme je le disais plus tôt, ceci fut une semaine plutôt ardue, avec une tonne de travail à faire, le stress en plus. D’autres autres albums m’ont donc aidé à passer à travers la semaine et m’ont remonté le moral. Le premier est « Metal Fatigue » d’Allan Holdsworth.

Il s’agit d’un album de jazz-rock, mais provenant du monde du rock, un peu comme Zappa. Cependant, celui-ci est moins psychédélique. En fait, en commençant « Devil Take The Hindmost », je m’attendais à quelque chose qui ressemblerait à du Pat Metheny, peut-être avec un peu plus d’électricité. Toutefois, arrivé à « In The Mystery », l’ambiance commence à changer un peu, alors qu’un chanteur fait son apparition, avec une voix à la Phil Collins. Le morceau prend alors des airs de Genesis, et se dirige davantage vers le art rock, avec les rapprochements au jazz que cela implique. Ensuite vient « Metal Fatigue », le fleuron de l’album. Avec son thème dissonant et accrocheur à la guitare et sa complexité musicale, là, il s’agit bien de jazz et de jazz-rock : http://www.youtube.com/watch?v=QBbVnw-B3Zw . On se rapproche même du hard rock, et certains passages rappellent inévitablement Mahavishnu Orchestra. « Panic Station » revient ensuite vers un style à la Genesis plus doux et calme. Et on termine l’album avec « The Un-Merry Go-Round » qui conclue l’album en bouclant la boucle et en retournant vers des influences plus Pat Metheniesque. Il s’agit donc d’un album presque kaléidoscope, en explorant plusieurs nuances du fusion et du jazz-rock, mais en demeurant très accessible et en adoptant un son assez populaire.

Et un matin où j’avais le blues, j’ai écouté un album de circonstances : « Blowin’ The Blues Away » de Horace Silver.

Et dès le premier morceau, l’éponyme, l’album et le morceau sont à la hauteur des attentes, en explosant de joie, d’énergie et de bonne humeur. Le reste de l’album poursuit ensuite cette émotion et cette atmosphère, en étant parfois plus calme et raffiné comme avec « The St. Vitus Dance » et « Peace », parfois plus énergique et joyeux comme avec « Break City ». On est aussi parfois entre les deux, avec « Sister Sadie », dans un parfait équilibre digne de cette légende du hard bop : http://www.youtube.com/watch?v=IXGzt1BsH3U . Ce fut donc un album qui m’a remis sul piton pour ma journée, et qui s’est révélé être un autre classique du hard bop, même s’ils ne manquent pas.

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La barre des 250 albums – 120 jours, 111 albums

Me voilà enfin à plus de 250 albums d’écoutés ! Autant que cela est, pour moi, une grande victoire, celle de dépasser la barre des 100 albums restants à écouter sera encore plus plaisante. Je serai alors sur mes derniers miles, voyant la fin poindre à l’horizon. Comprenez-moi bien : j’adore écouter du jazz, et encore plus que lorsque j’ai débuté ce défi. Mais j’ai aussi bien hâte de pouvoir consacrer plus de temps à d’autres projets, et à d’autres styles de musique. J’ai souvent le goût d’écouter de nouveaux albums de rock indie, de musique classique ou autre, mais je m’en empêche, et y manque de temps, car j’écoute déjà en moyenne un nouvel album par jour ! Mais bon, comme je pense déjà débuter un autre défi après celui-ci…

Bref, cette semaine fut plutôt chargée (comme bien d’autres), mais surtout au travail. Arrivé chez moi, j’avais donc le goût de faire autre chose que de venir me rasseoir devant mon ordinateur pour, de nouveau, écrire. Mais ce matin, je vous offre enfin les albums que j’ai écoutés cette semaine. Je commence par « Les Stances à Sophie », de The Art Ensemble of Chicago.

Le groupe est une pierre angulaire du free jazz (eh oui ! une autre !), et ils avaient été mandatés pour faire la trame sonore d’un film français, dont vous aurez deviné le titre. Si vous êtes familiers avec le film (ce n’est pas mon cas), vous saurez peut-être que ceci n’est pas la musique qui a été retenue pour le film. Cependant, il s’agit néanmoins d’un album extraordinaire et d’un rare génie. Mêlant la funk et le free jazz, il offre à l’auditeur une toute nouvelle expérience, que je n’avais ni rencontrée, ni imaginée ! Le meilleur morceau et le plus enlevant est sans hésitation « Theme de Yoyo », avec son rythme profondément funk et groovy, son thème bien reconnaissable et accrocheur, ses dérivations en improvisation libre et sa voix de chanteuse qui donne une dimension pop et accessible au morceau. Je vous invite à le découvrir, surtout qu’il est très abordable, même à l’extérieur du free jazz : http://www.youtube.com/watch?v=perVFDDy_xg . Ensuite vient « Theme de Cecil », avec son jeu de basse extraordinaire et son thème très urbain, mystérieux et un peu chaotique (un autre classique !). Sinon, d’autres moments sont plus calmes et moins aventureux, comme les deux « Variations Sur Un Theme De Monteverdi », ou plus langoureux et lointains, comme « Proverbes (I) ». Et même presqu’entièrement chaotique, avec « Theme Libre ». Bref, il s’agit d’un album incontournable du genre aux multiples facettes que j’ai adoré.

Je me suis ensuite aventuré moi-même avec un album d’Henry Grimes, un nouveau musicien du free jazz que j’essayais (Il y en a tellement !), avec son album « The Call ».

Bien qu’il m’a semblé entrer dans la catégorie des albums froids et mécaniques du style, je l’ai néanmoins bien apprécié. J’ai trouvé que son exploration des sons et des instruments était plus accomplie, plus complète et plus approfondie. Il m’a même semblé structuré, ce qui m’est apparu rare pour ce genre d’album. Attention, je nuance ici le terme structuré ! Alors disons plutôt qu’il m’a semblé logique dans ses progressions, son jeu et ses thèmes. « Fish Story », par exemple, bien que chaotique en surface, semble appelé une profondeur et une complexité inusitées. « For Django », de son côté, provoque chez moi des émotions et des sensations nouvelles, avec, justement, sa progression et sa manière d’amener son thème. Alors que le jeu demeure beaucoup plus mesuré et steady que sur d’autres morceaux, avançant et évoluant tranquillement, il s’en dégage une franchise et une profondeur que je trouve émouvantes. Je vous invite à le découvrir : http://www.youtube.com/watch?v=Qov7heXmVzQ . Le reste de l’album, par contre, est davantage dans le style de « Fish Story », avec « Walk On » et « Son Of Alfalfa » par exemple. En résumé, ce n’est certes pas un album pour les débutants dans le free jazz, mais si vous êtes arrivés à un niveau de plus, je vous le suggère bien franchement.

Et entre quelques albums aussi avant-gardistes, je me suis dit que je méritais bien un petit classique. Je me suis donc enfin décidé à écouter « Porgy & Bess » avec Ella Fitzgerald et Louis Armstrong.

Et wow ! Quel classique ! Revisité de telle manière l’oeuvre de Gershwin est un réel délice. Avec les voix indémodables d’Ella Fitzgerald et de Louis Armstrong, et la trompette légendaire du second, on ne peut qu’être ému et s’extasier devant ce qui est la musique elle-même. Enfin, on ne peut qu’avoir cette pensée à l’écoute de « Summertime », un morceau qui n’a plus besoin de présentation : http://www.youtube.com/watch?v=MIDOEsQL7lA . Les voix y sont extrêmement touchantes et vous transpercent le coeur, la trompette languissante d’Armstrong vous arrache presqu’une larme tellement elle est pure, forte et sensuelle. On ne peut que sourire, béat, à l’écoute de ce morceau, qui est le classique des classiques, avec cette interprétation du plus grand talent. Ensuite, le reste de l’album semble passé plus inaperçu, mais en tendant bien l’oreille, on peut y découvrir d’autres perles d’interprétation, telles que « Buzzard Song », « Bess, You Is My Woman Now » ou l’indéniable classique « It Ain’t Necessarily So ». L’album est donc un incontournable pour votre connaissance du jazz, de la musique, de la culture populaire, et pour votre vie en général.

Je me suis donc par la suite permis un autre classique, mais de free jazz. Cette fois, c’était « Paris Concert » de Circle.

Pour vous mettre en contexte, Circle est un groupe que Chick Corea a brièvement formé avec quelques grands noms tels que David Holland et Anthony Braxton. Former un groupe de free jazz semble être l’évolution naturelle lorsque l’on excelle autant dans le post-bop, même si l’expérience fut de courte durée. C’est d’ailleurs bien malheureux, car à la simple écoute de cet album, la formation avait beaucoup de potentiel, mais a eu bien peu de temps pour l’exprimer, avant que Corea ne se tourne vers le fusion et forme Return to Forever. Toutefois, Circle nous a laissé cette véritable perle : un concert live de plus d’une heure et demie à Paris. Ici, le groupe nous plonge tout entier dans leur univers, leurs explorations et leurs découvertes dans le monde du free jazz. Leur exploration est complète, et s’exprime par une structure complexe et une ambiance particulièrement texturée. En fait, il s’agit d’un des albums que j’ai écoutés qui possède le plus de relief, au contraire de ceux qui me laissent froids et qui me semblent plats et sans âme (comme certains de free jazz…). Sans vous en dire davantage, car je risquerais de me mettre les pieds dans les plats en voulant décrire sommairement autant de détails, je vous suggérerai simplement les 3 moments forts de l’album, soit « Lookout Farm/73 Degrees Kelvin [Variation 3] », « Duet » et « Toy Room/Q & A ».

 

 

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