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FIN – 38 jours, 0 album

Voilà : j’ai terminé mon défi.

Je viens tout juste de terminer l’écoute de mon 365e album de jazz de l’année, mettant ainsi fin à une année complète d’écoute de jazz, de recherche, de discipline et de critique d’albums. Wow ! Il était temps !

Sans rire, je n’arrive pas à croire que ce défi soit déjà terminé. Je regarde derrière moi, vers tous les albums que j’ai écoutés, vers tous les articles que j’ai écrits, vers tout le temps, l’effort et le travail que j’ai consacrés à ce défi, et je suis à la fois surpris par la grandeur que cela représente et par la facilité relative que j’ai eue à faire tout ça. Étalé sur une année, il devient plus facile d’étendre les efforts, d’avancer un album à la fois. Mais quand même ! J’ai écouté et fait tout ça en l’espace d’une seule petite année ? Maintenant, qu’est-ce que je peux accomplir d’autre et de plus en une autre année ? Les possibilités me semblent infinies !

Voilà moins d’un an, je ne savais à peu près rien du jazz. Et maintenant, je peux, par exemple, prendre une liste des 100 meilleurs morceaux de jazz comme celle-ci : http://www.jazz24.org/jazz100.html , et en reconnaître près du trois quarts. Je peux même la juger et émettre des commentaires, comme : « Rhapsody In Blue seulement en 47e position ? Non ! » ou : « Take Five de Dave Brubeck en première position ? Indéniablement ! ». J’ai désormais suffisamment de connaissances pour maintenir une conversation sur le jazz, ou pour comprendre les nuances entre bop, hard bop, post-bop et neo-bop. Et tout ça, en seulement un an ? Qu’est-ce que je pourrais apprendre d’autre en la même période ?

Sans compter tous les bons moments que j’ai passés à écouter du jazz et qui, somme toute, n’étaient pas vraiment du travail (à l’exception de quelques albums de free jazz, ha !). J’ai découvert des perles de musique dans des lieux reculés du jazz, comme le divin third stream, qui m’ont fait frissonner et m’ont redonné foi en l’art et en l’humanité, et qui m’ont aussi fait me demander : « Mais qu’est-ce que le monde a encore à m’offrir de caché ? Quelle autre merveille incroyable se cache dans les entrailles de l’humanité et du monde ? ».

C’est ce que j’ai retenu de ce défi : que le simple petit défi de découvrir un nouvel album de musique tous les jours peut vous faire vivre une expérience extraordinaire et changer votre vision du monde. Vous découvrez rapidement que ce petit thrill lorsque vous mettez l’album dans votre voiture, lorsque vous commencez à l’écouter, ce petit moment où vous devez fournir un petit effort pour sortir de votre zone de confort, une fois l’album écouté, et surtout une fois le défi terminé, que cet effort en valait incroyablement la peine. Vous vous direz alors : « Pourquoi ai-je attendu si longtemps avant de me lancer, avant de fournir ce si petit effort si ridicule ? » Et vous réaliserez que le monde vous appartient, si vous prenez la peine d’y mettre l’effort. Et aussi que cet effort, vous ne le regretterez jamais, car la récompense en est trop grande, en comparaison. Et enfin que cet effort finit par disparaître peu à peu, pour faire place à un goût d’aventure et de nouveauté grandissant qui vous poussera en avant, vous fera avancer…

Je pensais à tout ça, en écoutant mon dernier album de jazz pour mon défi, avec un sentiment de triomphe, de satisfaction et de nostalgie à la fois. Surtout que j’écoutais un album d’une importance capitale pour moi et pour ce défi. Il s’agit du tout premier album de jazz que j’ai écouté de ma vie : la « Compilation jazz de la carte des amis du Festival édition 2008 », du Festival International de Jazz de Montréal.

C’était durant l’été suivant la fin de mon DEC (Diplôme d’Études Collégiales). Un de mes amis qui aimait beaucoup le jazz, même s’il s’y connaissait peu, avait insisté pour que nous allions au festival avec quelques amis. Voulant tenter l’expérience, j’y étais allé, et je ne l’avais pas regretté. Par contre, nous étions arrivés un peu tard, et nous n’avions peu voir qu’une performance ou deux, après quoi il avait fallu partir. Mais j’y étais retourné le lendemain, avec une amie, où nous avions pu en profiter davantage. J’avais également acheté l’album du festival, et je l’avais écouté d’une oreille très distraite à mon retour. Mais dès le début, un morceau m’avait frappé : « Worrisome Heart » de Melody Gardot, et qui m’a fait par la suite tomber en amour avec cette artiste.

Maintenant que je l’ai réécouté à la lumière de ce défi, et que j’ai donc bouclé la boucle, je m’aperçois qu’il s’agit effectivement d’un excellent album de jazz. Il est très facile d’approche, mais il offre aussi une profondeur supplémentaire à celui qui sait bien l’écouter. Par exemple, « Litany Against Fear » de Christian Scott ne peut que vous donner des frissons : http://www.youtube.com/watch?v=S_9orOOs_-M , avec sa profondeur et sa tension. Sinon, « Here’s Looking At You » et « How Deep In The Blues » en valent également bien la peine. Mais j’ai surtout adoré terminer ce défi avec un morceau de McCoy Tyner au piano : « You Taught My Heart To Sing », un morceau de circonstance, délicat et poignant, qui m’a presque fait verser une larme…

Et une fois l’album terminé, ce fut le silence. J’ai contemplé quelques instants le fait accompli, une époque qui venait de se terminer. Mais ne vous en faites pas : ce n’est pas la mort de ce blogue pour autant ! Je me lancerai maintenant dans de nouveaux projets, mais il me reste encore bon nombre d’albums de jazz à écouter, ainsi qu’une kyrielle d’artistes encore à découvrir. Je continuerai donc à entretenir ce blogue, de temps à autres, avec de nouveaux albums ou des articles spéciaux concernant le jazz.

Mais avant de poursuivre, je me réserve quand même le droit à quelques semaines de vacances. Je vous promets néanmoins un article spécial dans très peu de temps…

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