L’incontournable jazz – 381 albums écoutés

C’est étrange, comment on peut ignorer une chose toute ça vie. Mais dès le moment où on aperçoit son existence, où on apprend quelle existence, alors, il devient impossible de l’ignorer, et elle semble ainsi apparaître partout où l’on va, partout où l’on regarde. Vous aurez deviné qu’il m’arrive la même chose avec le jazz.

Mais tout d’abord, un simple album que j’ai écouté, simplement par plaisir. Jacques Loussier, car il s’agit d’un de ses albums, m’a fasciné dès que je l’ai découvert. Il m’était donc impossible de laisser dans ma bibliothèque un de ses albums sans l’avoir écouté. Et, dans la collection que je m’étais formée pour ce défi, il demeurait encore un album qui n’était pas passé par mes oreilles. Il s’agit de Mozart Piano Concertos 20-23 with String Orchestra.

Jacques Loussier - Mozart Piano Concerto 20-23

Bon, ce n’est peut-être pas son meilleur. Mais j’ai quand même appris que ce ne sont pas tous les compositeurs de musique classique qui se prêtent bien à l’exercice de Loussier. Mozart, toutefois, s’en sort plutôt bien. On conserve la fraîcheur, la légèreté de sa musique, et on ne fait qu’y ajouter un peu de rythme, un peu de swing comme dirait Ellington. Le piano, bien sûr, y est mis en évidence, et j’ai aussi appris que cet instrument est d’une pureté et d’une blancheur sans pareil. Il s’agit donc du parfait instrument pour joindre ces deux styles, le classique et le jazz, que si peu d’artistes ont tenté de joindre, et qu’encore moins on réussit en essayant. Le piano a cette polyvalence et cette transparence qui le rendent ainsi prêt à tout faire, à tout vivre, à tout exprimer. Et c’est particulièrement vrai sur Concerto No. 20 In D Minor K.466 – Romance, le second morceau. Je ne vous en dit pas plus, sinon qu’il s’agit d’un album léger et doux, qui se placerait à merveille comme fond dans une soirée calme ou distinguée. Cela faisait longtemps que je n’avais pas écouté un tel album !

Ensuite, c’est lorsque j’ai écouté le film Naked Lunch de David Cronenberg que j’ai rencontré de nouveau le jazz. Pour vous mettre en contexte, le film raconte l’histoire d’un écrivain qui, sous l’effet narcotique de l’insecticide, se retrouve dans un monde étrange où il doit écrire sur une machine à écrire/coquerelle (une blatte pour mes lecteurs français) le rapport du meurtre de sa femme dont il est responsable. Sont mêlés à cela des éléments de paranoïa, de schizophrénie, d’hallucinations, de drogue, etc. Mais le plus intéressant, ici, c’est que la trame sonore est réalisée par Howard Shore et… nul autre que Ornette Coleman.

Ornette Coleman - Naked Lunch

Nul besoin de dire que le nom de l’artiste, apparaissant dans le générique d’ouverture, a attiré mon attention. Et je dois dire qu’il aurait été impossible de faire un meilleur choix pour composer la trame sonore de ce film. La musique dissonante et acérée de Coleman rappelait et accentuait à merveille l’ambiance tourmentée du film. Le saxophone sonore et remarqué évoquait également un ton de roman de détective des années 50, avec le jazz en fond, l’atmosphère lourde et l’intrigue saisissante. La contribution de Howard Shore est également digne de mention, car elle vient équilibrer la musique déjantée et exigeante de Coleman. Shore vient donner un souffle plus calme et réservé à certaines scènes, alors que Coleman prend le relais pour les scènes plus intenses.

Il faut aussi ajouter que le film, tout comme la musique de Coleman, est plutôt difficile et exigeant à regarder. Mais avec mon expérience dans le free jazz dans la poche, et le fait que je comprenais déjà la logique derrière la musique de Coleman, m’ont beaucoup aidé à comprendre le film et son style. Car Naked Lunch, sous un certain angle, me semblait construit comme un album de free jazz, tout comme la psychologie du personnage principal d’ailleurs. Intensité, liberté, complexité, débordements : plusieurs éléments se croisaient, pour mettre au défi mon cerveau, mais surtout pour le plus grand bonheur de mes yeux et de mes oreilles.

Enfin, je n’ai pu évité le jazz, cette fois en écoutant la télévision. Vous connaissez l’émission House MD ? Si oui, vous vous souvenez sûrement de Hugh Laurie, qui incarnait le cynique et ironique docteur House ? Eh bien, sachez qu’il s’agit également d’un musicien, et d’un excellent si je puis ajouter. Comment le sais-je ? D’abord parce qu’il offre quelques prestations dans l’émission qui lui valut son succès, mais surtout parce que j’ai écouté son album : Let Them Talk. Et vous aurez deviné qu’il s’agit d’un album de jazz.

Hugh Laurie - Let Them Talk

C’est un de mes amis, fan de la série, qui m’a fait découvrir ce petit bijou. Avec son style mêlé de blues et de jazz, cet album m’a rappelé que j’aimais encore le jazz et la bonne musique. Bon, la plupart des morceaux se situent davantage du côté du blues, mais des pièces comme St. James Infirmary valent tous les efforts. Avec son complexité et ses multiples mouvements, ce morceau peut être écouté en boucle sans répit. Certains passages m’ont même rappelé l’ambiance si caractéristique et si électrisante d’Erik Truffaz.

Sinon, Battle of Jerico est également un morceau qui vaut le détour, avec son rythme lent et posé, et ses violons qui rappellent la (belle) folk américaine. Swanee River, quant à lui, m’a rappelé Melody Gardot, quelques instants du moins. L’émotion viscérale et la simplicité du début, puis le rythme plus endiablé, avec le piano joué comme s’il n’y avait pas de lendemain. Enfin, il y a le piano langoureux de Tipitana

Bref, j’ai l’impression que de bien connaître le jazz me permet de mieux apprécier le monde et ce qu’il a à offrir… de jazzy. Et là, je ne vous parle pas de ces multiples fois où, en admirant une peinture ou une sculpture, en regardant un film, en lisant un livre, ou même en goûtant un repas ou une bonne bière, j’ai repensé au jazz, à ses structures, et que cela m’a aidé à mieux comprendre, à mieux apprécier ce qui m’était offert. Ainsi, je ne peux que vous souhaiter le même bonheur !

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